SUR LES CORPS LUMINEUX, &c. ^rz
toutes ces années est de sept degrés au-dessous du terme de teglace pour le froid des hivers, 8c vingt-six degrés au-dessuspour le chaud des étés. Tandis que le Soleil passe d’un tropi-que à l’autre, 8c dans l’intervallc de six mois, le thermomètrede Réaumur parcourt donc trente-trois degrés ; mais que fontces degrés ? Ce font ceux de la chaleur augmentée 6c dimi-nuée. Le froid n’existe pas, ce n’est qu’une privation: la chaleura feule une réalité d’action qui anime la nature, 6c fait mou-voir tous les êtres ; le froid absolu ne feroit que la cessationtotale de la vie 6c du mouvement. On conçoit que la chaleurrépandue furies globes, considérée comme une quantité, peutêtre divisée en un certain nombre de parties, ôc mesurée par desdegrés : ce font ces degrés que le thermomètre nous montre ;leur nombre est indéterminé, ils forment une échelle dontl’étendue ôc les termes nous font inconnus. Ces termes fontd’une part la plus grande chaleur possible à la nature, 6c del’autre l’anéantissement total de cette chaleur. II faudroitconnoîtrc un de ces termes, pour avoir un point d’où l'on putcompter les degrés, pour pouvoir dire de combien la tempéra-ture s’est éloignée, ou rapprochée, de la chaleur extrême ou dufroid absolu. Ces termes , que nous ne connoissons pas , quenous ne pouvons atteindre, nous pouvons en approcher 5Cles estimer. Nous ne connoîtrons jamais le froid absolu , maisl’expérience peut nous indiquer un degré de froid , qui fansarriver à ce terme effrayant de la nature, pourra nous faireentrevoir à quelle distance nous en sommes fur ce globe,encore rempli de mouvement 6c de vie. Nous avons trouvéle moyen d’augmenter le froid de la glace , en la mêlantavec des sels 6c des acides , ou , pour mieux dire, nouslui avons enlevé une partie de la chaleur que la nature luilaissoit encore. Ce froid artificiel , opéré à Pétersbourg en
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