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Tome premier.
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XVIII
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xviij DISCOURS HISTORIQUEinculte dupays autrefois le plus célèbre, leplus florissant,on ne trouve que les emblèmes de la destruction, del’indigence et d’une grossière stupidité.

Tels sont les funestes effets de la guerre , qu’en rédui-sant en poudre les villes et les empires, qu’en exterminantla race humaine , qu’en effaçant jusqu’aux traces despeuples qui ont existé , elle traîne à sa suite l’effroi, laterreur et la désolation , couvre la terre de deuil, l’enve-loppe des ténèbres épaisses de l’ignorance , et substituaaux loix de la civilisation , les horreurs de la barbarie,JVous ne pouvons que déplorer les temps désastreux oùle démembrement de l'empire Romain jetta l’Europe ,entière dans le trouble , le désordre et l'anarchie. La dis-corde et l’ambition d’un côté, l’ignorance , la superstitionet la barbarie de l’autre, firent long-temps le malheur.des nations. Les annales du moyen âge ne nous offrentque des sièges , des batailles , des guerres, civiles, descroisades, des ligues, des meurtres, des empoisonnemens.Au milieu des orages dont l’Europe estagitée, nous voyons,quelques traits de grandeur et de courage mêlés de trahi-sons et de férocité; mais les hommes uniquement occupésà se défendre ou à conquérir , n’avaient ni le temps , ni,la volonté de s’instruire et de s’éclairer,

La philosophie payenne avait perdu sou empire . Ilétait réservé à une philosophie religieuse (Je régénérerl’espèce humaine. Le christianisme sorti des ruines de 1aJudée , était venu chercher un asyle k Rome, où il notrouva long-temps que la persécution, Eli! quelle moraleétait plus propre à adoucir les hommes que celle quicommande la pratique de toutes les vertus, qui attache lahonte et le remords aux crimes et aux vices si funestes aurepos de la société , une morale qui appelle à tout momentl’homme devant le tribunal de sa propre conscience, qui leconsole dans les adversités et le malheur , qui lui apprend