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§ VI. Moyen pour se procurer debelles poires de bon-chrétiend'hiver.
On lit dans les Avis Econo-miques d'Italie , pays des bonsfruits, que lorsque les poiriersde bon-chrétien ou les autresespèces d’arbres qui donnent degrosses poires sont en fleurs,il faut détacher avec des ciseauxilusietirs fleurs, et même n’enaisser qu’une seule à chaquebourgeon; laissant toujours lamieux placée , la plus grande ,et celle qui a les couleurs lesplus vives et les plus vermeilles.On craindra , sans doute , pourcette frêle et seule espérance ;mais l’on dit que lafleur se trou-vant ainsi seule, se noue beau-coup plus vite,et est mise promp-tement à l’abri de tout danger.D’ailleurs , les fleurs réunies enbouquet offrent comme des ni-ches où la neige et l’humiditéséjournent aisément, et les font
f périr toutes à-la-fois. Lorsquee fruit est noué, on coupeexactement, avec des ciseaux,tous les jets nouveaux qui pous-sent au - dessus du bourgeonfleuri, ou près de son aisselle ;si on le laissait croître, on ex-poserait le fruit à manquer desève, à se flétrir au moindre ac-cident , et à tomber : ayant déjàmême acquis une certaine gros-seur, on doit couper ces rejetsdès qu’ils commencent à pous-ser, et ne faire point de grâceà aucune des productions quipourraient enlever la sève del'arbre. On ne doit pas négli-ger , au commencement de j uin,
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d’épointer l’extrémité des bran-ches, pour faire refluer la sèvedans le bas de l’arbre , dans lesbranches à fruit , et dans lesfruits : cette opération est de ladernière importance , car elleprépare aussi les fleurs et lesfruits des années suivantes.
Lorsqu’en été on*s’apperce-vra que la terre est sèche, onsuspendra un vase au tronc del’arbre, dans lequel on dispose-ra l’eau de manière à tombergoutte à goutte; la terre s’hu-mectera, et la chair du finitne se durcira point ; il ne perdrapoint sa couleur, et sa croissancene s’arrêtera pas avant sa ma-turité; ce qui serait arrivé sion avait laissé dominer la sé-cheresse.
Vers le milieu de septembreil' est bon de mettre chaquepoire, les plus belles, dans unsac de bougran, que l’on atta-che à une branche supérieure ;
f iar là on évite les accidens quee vent pourrait occasionner : lasève circule toujours avec lamême facilité , et l’on a vu ob-tenir, par cette méthode , despoires de bon-chrétien d’hiver,d’une beauté, d’une bonté ad-mirables, et du poids de trois àquatre livres.
Le moment favorable qu’in-dique la nature pour cueillir lespoires de bon-chrétien d’hiver,c’est lorsque leur verd com-mence à s’éclaircir, et qu’ellessont piquées d’un peu de jaune.Il faut les mettre dans un frui-tier bien fermé où l’air ni l’hu-midité ne pénètrent point, etles visiter, la lanterne à la