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Tome troisieme.
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54 MEMOIRES

ayant fait tout ce qu’on pouvoit attendre, craignit d’êtrceícaladée ; ce qui obligea, après deux jours de contesta-tion , à mettre Peau assez mal à propos dans nos fossés.Reviendra-t-il à son mineur? Ce mineur n’a que deuxmoyens pour arriver au corps de la place ou de Pouvrageattaqué. L’un de passer du chemin couvert par dessous lefossé, travail de longue haleine & dans le cours duquelil fera certainement arrêté ; l’autre de renverser la con-trescarpe ou faire la descente du fossé , pour le passer à lasaveur d’un épaulement. Dans Pu n &c dans Pautre de cesdeux ouvrages, on peut encore Pinquiéter suffisamment

f our le rebuter. Mais supposé qu’il parvienne au corps deouvrage, une galerie magistral le avec ses écoutes der-rière Peícarpe, le mettra dans l’impoísibilité de réussir.

Dans ces derniers temps, les ennemis fe sont avisésd’arriver au chemin couvert par des sapes couvertes, oupour mieux dire, par des galeries sous terre, laissant seu-

■« de cette importante forteresse,fontcou-« pes à leurs gorges par des tours bastion-» nées, la brèche quelque grande & pra--> ticable quelle put être, ne devoir pasm ce me semble , beaucoup inquiéter la» garnison. La raison de cela est , que» les fossés étant secs , ceux de la ville,» ( c’est-à-dire ceux qui la défendoient)» avoient cet admirable avantage, de» donner de l’eau à leurs fossés autant» qu’ils en vouloient mettre, ce qui étoit« un obstacle insurmontable à í’infulte» des brèches , bien que les dehors du-> côté de l’attaque fussent emportés. Ce-« la fe volt assez. Les ennemis, soit par33 ruse, ou loir qu’ils eussent véritable-33 ment dessein de donner un assaut, &33 d’y joindre l’efcalade, ce qui eut été*3 une vraie imprudence, puisqu’il ne33 falloir qu un moment pour couvrir le33 fossé d’un déluee d’eau ; les ennemis,33 dis-je , firent paroitre dans la tranchée33 des échelles, qui allarmerent la gami-33 son, qui fe trouvoit extrêmement af33 foiblie , & hors d’état de border le»3 rempart : car on ignoroit, fi cette ef-33 ealadc embrasseroit tous les endroits

33 où l'on pourroit s’attacher.C*est pour-33 quoi, tout le monde fut d'avis d’ou-33 vrir l’éclufe & de donner de l’eau. M.33 de Valliere, Officier de grande expé-33 rience, aujourdhui Maréchal de camp,33 ( Lieutenant général depuis l’impref-33 fion du Polybe ) Sí qui commandoit33 les mineurs qui étoient dans la place ,

33 n’étoit point de ce sentiment.fans

33 doute que son avis étoit le meilleur ,33 quoi que le plus grand nombre y fût33 oppose. M de Laubanie n’étoit pas en33 état de juger par lui-même des raisons33 de part & d’autre. Une bombe mal-33 heureusement tombée quelques jours33 auparavant près de lui, avoir fait un33 tel écart de terre en tombant, que ce33 brave homme en perdit eniierement33 la vûë. Dans cet état, il crut plus pru-33 dent de s’en tenir à la pluralité des33 voix ; ce qui fit qu’on remplit les fof-33 fés, & c’est ce que les ennemis fou-33 haitoient le plus. L’on connut par la33 fuite, que M. de Valliere avoir rai-33 sonné infiniment plus sensément que33 les autres, & la place fe rendit peu de33 jours après.