D’A RTILLERIE. IV. Part. i 4fdes Ouvriers fait préparer aux atteliers les platteformespour les Batteries ae canon & des bombes. II envoye desOuvriers monter les grosses pieces fur leurs affûts, & fairetenir en état les armes des pieces de chaque calibre avecleurs coins de mire.
Auffi-tôt que le Commandant de l’Artillerie a reconnu,avec le Général de l’Armée, le terrain où l'on doit faire lespremieres Batteries, il doit nommer pour une de z o piecesun Commiílaire Provincial, quatre Ordinaires &. fix Ex-traordinaires, s’il n'y a pas de bas Officiers ; ne donnant pas
Î )lus de deux pieces aux foins d’un Officier, fi l’on veut quea Batterie soit bien servie, car il y a beaucoup d’ordre à te-nir pour empêcher Sc prévenir les accidensqui peuvent ar-river aux Magasins dc poudre Lc au service des pieces oùchaque Officier est assez occupé , lorfqu’il fait agir à pro-pos les douze Soldats destinés pour les deux pieces.
Le Commissaire Provincial après avoir examiné le lieuoù il doit placer fa Batterie Sc l’ouvrage qu’il doit battre, ai-dé de fes Officiers, il y place avant la nuit les piquets de soualignement en prenant sept grands pas de longueur pour leterrain de chaque piece. Sc fait avancer peu de tems aprèsou à la brune les Travailleurs qu’il a pris. Il les partage lelong de ce terrain, Sc leur fait ouvrir la terre à l’alignementde íes piquets. Les Officiers qui fe font partagés à la droite,à la gauche Sc au centre de ce travail font jetter la terre d’uneégale élévation derriere le fossé en dedans , afin de ne pass’en foncer dans l’endroit où l’on doit poser les pieces. Je fçaique le Soldat est inquiet lorfqu’il travaille à découvert ;mais auffi une Batterie qui est travaillée de cette maniéréest beaucoup plus solide,& on y perd moins de monde dansla fuite d’un Siège, que dans celle où l’on jette les terres de-vant foi, &c où l’on est indifpenfablement obligé d’en allerchercher derriere la Batterie à découvert pour remplacercelles que l’on a ôtées, afin de relever le terrain des platte-formes qui fe trouve trop profond pour y placer les pieces,lesquelles s’assaissent par le peu de fermeté de la terre qu’el-lesont fous elle- ce qui contraint les Officiers d’y faireTome III, X