M o MEMOIRES
boulets rouges fur la Place assiégée, on y travaille de diffé-rentes façons, 6c quelquefois le peu de teu que font les As-siégés permet qu’on les tire la nuit fans épaulemens furquelque hauteur ; 8c pour lors l’Officier qui commande cet-te Batterie fait atteler à la brune les pieces 6c les charettcsqui portent les poudres 6c les boulets suivant l’ordre que leCommandant de l’Artillerie lui donne ; 6c les Officiers quifont avec lui font charger fur des charettes les bois, houil-les , charbon de bois ou de terre, avec les grils, cuilliercs,tenailles 6c pinces nécessaires ; 5c tout étant conduit aulieu marqué pour la Batterie, on commence par ranger les
Î ûecesfur une même ligne, avec une grande distance entrees unes 6c les autres, afin d’en faire faire le service plus ai-sément.
Si cette Batterie est compoíèede ìo pieces de huit lon-gues, l’on fait faire à i o pas de la premiere piece de la droiteun fourneau, 6c un autre à i o pas de la premiere piece de lagauche, dans lesquels l’on pôle les grils 6c les boulets def-íus. L’on jette les terres de chaque fourneau du côté de laPlace, pour servir d’épaulement aux Ouvriers qui prennentfoin de chauffer les boulets,6c qui les portent avec des cueil-lieres ou tenailles à la bouche des pieces ; lorfqu’ils fontrouges, les Officiers font peu charger les pieces , à causequ’elles Réchauffent beaucoup par la grande chaleur duboulet, 6c que l’on tire feulement pour qu’il puiste, en s’en-fonçant dans le toit d’une maison, y rester pour y mettre lefeu. On pointe toujours la piece à toute volée, 8c dans lemême temps que le boulet est tombé fur le fourrage qui estau-destus de la poudre, un Canonier met promptement lefeu à l’amorcc de la piece, afin que le boulet n'ai t pas letemps de pénétrer jusqu'à la poudre; fi ce boulet y mettoitle feu, il feroit reculer plus violemment la pieceon peutfe servir au lieu de fourrage , de gazon , lorsque l’on est àportée d’en trouver. Après que le fourrage est fur la poudre,on mouille l’écouvillon 6c l’on le coule dans l’ame de la pie-ce jufqu’au fourrage, afin que Je boulet ne puiíTe pas mettrele feu à la poudre qui pourroit y être restée,