D’A RTÏLLERIE. IV. Part. i 99
On mettra à terre une quantité de boulets à mesurequ’on en aura besoin. Il faut bien se garder de tout dé-charger en même temps ; & une attention qu’on doit re-commander par préférence, c’est d’avoir foin de rechargertous les boulets qui se trouveront à terre, lorsque le canonfera quelque mouvement; cela ne s’observe pas toujoursexactement, òc tel Officier trouveroit moyen de se servirutilement de son canon, & de se distinguer s’il avoir en-core des boulets, lequel en manque l’occasion pour enavoir laissé au poste qu’il vient de quitter.
II saut prendre garde que l’ardeur de servir diligemmentles pieces, n’empêche de bien écouvillonner &C de pointerjuste ; il vaut mieux moins tirer, & que ce soit avec succèsèc à propos : & lorsque les Officiers Généraux, ou lestroupes, íê plaindront du peu de diligence de l’Artillerie( car c’est le cri ordinaire, ) on leur fera remarquer quel’on ne tire pas un coup qui ne porte - il n’y a rien à direcontre cette maxime, le service n’est peut-être pas si bril-lant, mais il est plus solide.
Quand on n’a devant soi que du canon, il faut tireraux batteries des ennemis ; parce qu’on doit supposer queles troupes font derriere, fur lesquelles les boulets portentaprès leur premier bond : mais quand on voit des troupesennemies en disposition de faire une manœuvre avanta-geuse , il ne faut point faire attention à la batterie oppo-sée quelque dommage qu’on en souffre, aller au bien del’affaire générale, & tirer sur ces troupes.
L’Officier qui commande une batterie, doit donnertoute son attention à examiner le plus ou moins de justeílèdes coups, pour se corriger & connoître ses pieces, enforte qu’il puisse tirer service même d’une piece qui aurades défauts.
L’Artillerie doit suivre les troupes autant que faire íepourra, tant qu’elles iront en avant.
Quelque succès qu'ai t la bataille, il ne saut íe retirerque lorsque les troupes qui seront avec le canon, se met-tront en mouvement pour cela.