DES VOLCANS.' 19
et d’Amsterdam , la mer toute couverte depierres ponces flottantes au gré du vent,sur un espace de 5oo lieues , au travers des-quelles on vogua pendant dix jours de suite.Si cette immense quantité de matières pro-cédoit des feux de l’île d’Amsterdam , soitd’une de ses bouches découvertes, soit d’unde ses flancs, accidentellement entr’ouvert ,qu’on juge des pertes qu’a dû souffrir cettelocalité : or, il est difficile de douter queces matières n’en dérivassent, puisqu’on neconnoît aucun autre volcan dans ces pa-rages , sous cette direction j celui de l’île Bourbon étant écarté de plus de quatre centslieues dans le nord-nord-ouest.
L’état violent où se trouve cette île, donnelieu à une double présomption. i°. Nous nevoyons vraisemblablement aujourd’hui queles restes de ce qu’elle étoit autrefois, soiten élévation , soit en étendue de sol. a°. In-cessamment criblée et dévorée par ses feuxqui se font jour de toutes parts , cette îlene peut tarder, ou à voir ses feux trop dé-couverts s’éteindre ( voyez le n° 82 ), ou àêtre engloutie par la corrosion de ses bases( voyez le n° 83 ), ou, plus probablement, àpasser de l’état de volcan à découvert, à