DES VOLCANS* Ç*
On craignit en juin 1783 que çette îlene s’écroulât par partie : le bruit courutmême pendant quelques jours qu’elle avoitété engloutie , tant lurent terribles et multi-pliées les commotions excitées par ses vol-cans et ses feux intérieurs. Une épaise fuméede soufre déroboit absolument l’aspect del’île aux Navigateurs , tandis que tout cequi y respiroit étoit dans le danger d’en êtresuffoqué : quantité d’hommes et d’animauxen moururent en effet. On regarda le brouil-lard qui fut, vers cette époque , répandusur toute PEurope , comme une suite de cesexhalaisons. ( Voyez les n os 61 , 62 et 63 . )Des entrailles de la terre et du fond de lamer sortoient d’affreux mugissemens. Dumont Shaptan-Gluver , septième volcan dela même île , sortit un torrent de feu épou-vantable qui coula six semaines. Il se portaà vingt lieues jusqu’à la mer. Sa largeurétoit de près de quatre lieues. Il desséchasur sa route la rivière de Shaptaga, qui ,en quelques endroits , a de cinq à six toisesde profondeur. On publia dans le temps cesdétails , qu’a confirmés dans des mémoirestrès-curieux, M. Stanley, qui, depuis 1789,s’est transporté deux fois en Islande dans