DES VOLCANS. 119
entière ; elle semble prête , ou à être arra-chée de ses f'ondemens, ou à se dissoudreen éclats. Dans son affreux travail, ellefait entendre des mugissemens qui n’ontrien de comparable dans toute autre naturede sons.
La terre participe au loin à ces terriblescommotions. Les secousses de l’Etna se com-muniquent à toute la Sicile , celles de l’Héclaà l’Islande . Les commotions du Vésuve sesont quelquefois fait sentir dans un diamètrede plus de cent lieues. Souvent, par unesuite de ces oscillations répétées des partiesde la terre, l’air raréfié, et le feu même ,s’étendent et s’introduisent dans des con-duits naturels, ou des cavernes profondes.Si le sol est plein, il s’entr’ouvre et laisse unhiatus effrayant et sans fond : s’il est caver-neux, des terrains d’une étendue considé-rable sont absorbés , des eaux sulfureusesinfectes prennent communément leur place.On a vu des collines s’abîmer par l’écroule-inent des voûtes qui les portoient. D’autre-fois la force et l’abondance des flammes ontfait sortir des entrailles de la terre des mon-ticules : j’en ai vu de quatre-vingts piedsd’élévation. Le mont di Cineri , ou monte