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PRÉCIS DE L’HISTOIRE DES ARTS
mœurs dûrent éprouver des modifications importantes. Alors ils apprirent ^connaître le prix des richesse ,et cherchèrent les moyens de s’en procurer, soit en vendant leur sang aux differens tyrans qui aspiraient àl’empire, soit en exerçant la piraterie sur mer, ou bien en pillant les provinces situées h leur portée, et par-ticulLement les riches contrées que leur offrait la rive opposée du fleuve qui les séparait des Gaulois. C est
principalement à cet amour du pillage, à la richesse de la Gaule , et plus encore a la faiblesse des emperems
rru’il faut attribuer l’envahissement de ce pays, qu’ils voyaient comme abandonne des Romains.
Alprs,'comme les vainqueurs, comparés aux peuples qu’ils venaient de soumettre, se trouvaient en troppetit nombre pour opérer une révolution générale et subite dans les mœurs des Gaulois et des autres peuples' /ils soumirent successivement h leurs armes, il se forma peu h peu du mélange de tous ces peuples unenation qui participa de tous sans ressembler néanmoins h aucun; et, pendant que les Francs prenaient quelquechose de la civilisation gauloise, les Gaulois, au contraire, se rapprochaient de la grossièreté et de la barbariede leurs vainqueurs ; en sorte que tous se trouvèrent h l’unisson. Il arriva de la fusion de ces peuples commedu mélange de plusieurs couleurs, qui en formeraient une nouvelle qui tiendrait bien de toutes les autres, mais
fini les absorberait toutes, sans néanmoins ressembler à aucune. .
C’e<t ce qu'on peut conclure de l’ensemble de l’histoire de cette époque, quoiquon soit oblige d avouer(T ue l’esprit flotte souvent dans le vague et l’incertitude toutes les fois qu’on se reporte vers ces temps mal-heureux oü les siècles entiers passent pour ainsi dire devant nous enveloppés des ténèbres les plus épaisses,où les arts ne produisent plus de ces monumens qui (missent entre eux les différens âges, et servent pourainsi dire de flambeaux h la faveur desquels il est permis h l’esprit humain de scruter les siècles les p us
ie Onvitdonc dans la Gaule des mœurs, un langage, des usages tout nouveaux; la religion seule ne reçutaucune atteinte, parce que les vainqueurs embrassèrent celle qu’ils trouvèrent établie dans le pays. Du reste,on retrouve bien chez ce peuple nouveau la barbarie des premiers Gaulois. Les armes et la chasse devinrentune seconde fois la seule occupation de nos aïeux; toutes les sciences et les arts disparurent,et le Gaulois seretrouva pour ainsi dire au point d’où il était parti cinq ou six siecies *l p ,
re u 1 , ! chez lui de sa barbarie meme, ne se montrèrent plus chez
fois, que ces qualités précieuses, qui naissaient cnez. un ’ , \ , ,
es Francs Superstitieux et cruels en même temps, ils semblaient meme avoir un nouvel aliment à leurférocité dans la pratique de la religion chrétienne , dont ils étaient encore loin de concevoir la sublimité ; lesmeurtres l’adultère, l’injustice ne furent bientôt plus qu’un jeu, surtout depuis que deux femmes rivales enbeauté et en scélératesse, Frédégonde et Brunehaut , tinrent tour h tour les rênes du pouvoir.
Quatre cérémonies principales ont surtout attiré l’attention des historiens qui se sont occupés des premierstemps de la monarchie, parce qu’elles font bien connaître le génie de la nation et l’esprit qui y dominait : lesassemblées du champ de mars, l’inauguration des rois, les formalités usitées dans l’administration de la justice,
Tous les Français en général assistaient en armes, comme dans un jour de combat, aux dietes ou assem-blées générales de la nation, qu’on nomma du champ de mars sous la première race, ou de mai sous ladeuxième parce qu’elles se tenaient en plein air le premier de mars ou de mai, époque où 1 on faisait commencerl’année française (i). Ces assemblées avaient un double but, celui de passer la revue générale des troupes etde délibérer sur toutes les affaires qui intéressaient l’état. C’est, comme on sait, dans une des revues du champde mars que Clovis fendit d’un coup de hache la tête d’un soldat dont il avait à se venger, sous prétexte que ses
armes étaient mal en ordre. ,
Les ducs et les comtes, c’est-à-dire les gouverneurs des provinces et des villes, les prélats et les abbes, lesilus Duissans, qui étaient spécialement mandés à ces assemblées, y faisaient ordinairement au roi des présensen argent, en meubles, en chevaux. L’autorité de ces assemblées générales était très-grande : cest là qu onfaisait de nouvelles lois ; qu’on délibérait de la paix ou de la guerre; qu’on donnait des tuteurs aux enfans desrois • qu’on partageait leurs successions; qu’on réglait en général tout ce qui concernait la nation ; c est là enfin
qu’on fixait le jour et le lieu où devait se faire l’inauguration des rois. ■ .
Dans les premiers temps, cette dernière cérémonie consistait a les élever sur un bouclier k la vue de toutesles troupes ou à les armer de-la hache, de l’épée ou de la lance de leur prédécesseur. Ensuite le prince, revêtudu costume’roVal, le sceptre à la main et la couronne sur la tête, allait prendre possession du trône, élevé à lavue de tout le monde sur une espèce de théâtre. Ce trône, ou siège royal, n’avait ni bras m dossier, commepour montrer au nouveau roi qu’il devait se soutenir lui-même sans s’appuyer sur personne.
(0 l'année française commciic.il, du temps lies Mérovingiens, ie jour de donna en 1 564 qu’inviolablement l’année civile, à l’avenir, commencerait aula re u'e du champ de mars ; elle c'ommencait d’ordinaire à Noël, sousje règne .janvier. Legendre, Mœurs et Coutumes des Fr Foy. *»» Ducange aude» Carloviogienset, sous les Capétiensà Pâques. C’est Charles ,x qui or- mot annus , dans son Glossatre de la moyenne et de la basse latm.té.