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Monumens des arts libéraux, mécaniques et industriels de la France, depuis les gaulois jusqu'au règne de François Ier : 45 planches, contenant plus de 800 sujets, dessinés et gravés au trait par les plus habiles artistes en ce genre : présentant une suite non interrompue de monumens d'architecture, de sculpture et de peinture; de monnaies, médailles, meubles, armes et armures; costumes civils, religieux et militaires; machines, inventions utiles, etc., etc. ... / par ... Alexandre Lenoir
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PRÉCIS DE LHISTOIRE DES ARTS

mœurs dûrent éprouver des modifications importantes. Alors ils apprirent ^connaître le prix des richesse ,et cherchèrent les moyens de sen procurer, soit en vendant leur sang aux differens tyrans qui aspiraient àlempire, soit en exerçant la piraterie sur mer, ou bien en pillant les provinces situées h leur portée, et par-ticulLement les riches contrées que leur offrait la rive opposée du fleuve qui les séparait des Gaulois. C est

principalement à cet amour du pillage, à la richesse de la Gaule , et plus encore a la faiblesse des emperems

rruil faut attribuer lenvahissement de ce pays, quils voyaient comme abandonne des Romains.

Alprs,'comme les vainqueurs, comparés aux peuples quils venaient de soumettre, se trouvaient en troppetit nombre pour opérer une révolution générale et subite dans les mœurs des Gaulois et des autres peuples' /ils soumirent successivement h leurs armes, il se forma peu h peu du mélange de tous ces peuples unenation qui participa de tous sans ressembler néanmoins h aucun; et, pendant que les Francs prenaient quelquechose de la civilisation gauloise, les Gaulois, au contraire, se rapprochaient de la grossièreté et de la barbariede leurs vainqueurs ; en sorte que tous se trouvèrent h lunisson. Il arriva de la fusion de ces peuples commedu mélange de plusieurs couleurs, qui en formeraient une nouvelle qui tiendrait bien de toutes les autres, mais

fini les absorberait toutes, sans néanmoins ressembler à aucune. .

Ce<t ce qu'on peut conclure de lensemble de lhistoire de cette époque, quoiquon soit oblige d avouer(T ue lesprit flotte souvent dans le vague et lincertitude toutes les fois quon se reporte vers ces temps mal-heureux les siècles entiers passent pour ainsi dire devant nous enveloppés des ténèbres les plus épaisses, les arts ne produisent plus de ces monumens qui (missent entre eux les différens âges, et servent pourainsi dire de flambeaux h la faveur desquels il est permis h lesprit humain de scruter les siècles les p us

ie Onvitdonc dans la Gaule des mœurs, un langage, des usages tout nouveaux; la religion seule ne reçutaucune atteinte, parce que les vainqueurs embrassèrent celle quils trouvèrent établie dans le pays. Du reste,on retrouve bien chez ce peuple nouveau la barbarie des premiers Gaulois. Les armes et la chasse devinrentune seconde fois la seule occupation de nos aïeux; toutes les sciences et les arts disparurent,et le Gaulois seretrouva pour ainsi dire au point d il était parti cinq ou six siecies *l p ,

re u 1 , ! chez lui de sa barbarie meme, ne se montrèrent plus chez

fois, que ces qualités précieuses, qui naissaient cnez. un , \ , ,

es Francs Superstitieux et cruels en même temps, ils semblaient meme avoir un nouvel aliment à leurférocité dans la pratique de la religion chrétienne , dont ils étaient encore loin de concevoir la sublimité ; lesmeurtres ladultère, linjustice ne furent bientôt plus quun jeu, surtout depuis que deux femmes rivales enbeauté et en scélératesse, Frédégonde et Brunehaut , tinrent tour h tour les rênes du pouvoir.

Quatre cérémonies principales ont surtout attiré lattention des historiens qui se sont occupés des premierstemps de la monarchie, parce quelles font bien connaître le génie de la nation et lesprit qui y dominait : lesassemblées du champ de mars, linauguration des rois, les formalités usitées dans ladministration de la justice,

Tous les Français en général assistaient en armes, comme dans un jour de combat, aux dietes ou assem-blées générales de la nation, quon nomma du champ de mars sous la première race, ou de mai sous ladeuxième parce quelles se tenaient en plein air le premier de mars ou de mai, époque 1 on faisait commencerlannée française (i). Ces assemblées avaient un double but, celui de passer la revue générale des troupes etde délibérer sur toutes les affaires qui intéressaient létat. Cest, comme on sait, dans une des revues du champde mars que Clovis fendit dun coup de hache la tête dun soldat dont il avait à se venger, sous prétexte que ses

armes étaient mal en ordre. ,

Les ducs et les comtes, cest-à-dire les gouverneurs des provinces et des villes, les prélats et les abbes, lesilus Duissans, qui étaient spécialement mandés à ces assemblées, y faisaient ordinairement au roi des présensen argent, en meubles, en chevaux. Lautorité de ces assemblées générales était très-grande : cest qu onfaisait de nouvelles lois ; quon délibérait de la paix ou de la guerre; quon donnait des tuteurs aux enfans desrois quon partageait leurs successions; quon réglait en général tout ce qui concernait la nation ; c est enfin

quon fixait le jour et le lieu devait se faire linauguration des rois. .

Dans les premiers temps, cette dernière cérémonie consistait a les élever sur un bouclier k la vue de toutesles troupes ou à les armer de-la hache, de lépée ou de la lance de leur prédécesseur. Ensuite le prince, revêtudu costumeroVal, le sceptre à la main et la couronne sur la tête, allait prendre possession du trône, élevé à lavue de tout le monde sur une espèce de théâtre. Ce trône, ou siège royal, navait ni bras m dossier, commepour montrer au nouveau roi quil devait se soutenir lui-même sans sappuyer sur personne.

(0 l'année française commciic.il, du temps lies Mérovingiens, ie jour de donna en 1 564 quinviolablement lannée civile, à lavenir, commencerait aula re u'e du champ de mars ; elle c'ommencait dordinaire à Noël, sousje règne .janvier. Legendre, Mœurs et Coutumes des Fr Foy. *»» Ducange aude» Carloviogienset, sous les Capétiensà Pâques. Cest Charles ,x qui or- mot annus , dans son Glossatre de la moyenne et de la basse latm..