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Monumens des arts libéraux, mécaniques et industriels de la France, depuis les gaulois jusqu'au règne de François Ier : 45 planches, contenant plus de 800 sujets, dessinés et gravés au trait par les plus habiles artistes en ce genre : présentant une suite non interrompue de monumens d'architecture, de sculpture et de peinture; de monnaies, médailles, meubles, armes et armures; costumes civils, religieux et militaires; machines, inventions utiles, etc., etc. ... / par ... Alexandre Lenoir
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EN FRANCE .

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nous font aussi connaître avantageusement ceux d’Auvergne, de Reims et de la rivière de Marne , qu’on nejugeait pas indigne de figurer même sur les tables des rois. ,

Manufactures. Un objet qui devait a cette époque alimenter le plus les manufactures de France , c’était lafabrication des armes. Toutefois l’infanterie n’avait ni cuirasse, ni arc, ni javelot ; elle portait seulement unebâche à deux tranchans, un bouclier et une épée, fort peu de casques. La cavalerie seule, qui était toujoursen petit nombre dans les armées, portait des javelots. Dans les sièges, les Français se servaient du bélier, dupierrier et de la catapulte ; ils faisaient la tortue, comme les Romains, pour monter k l’assaut. Au reste, il paraît,par le témoignage des auteurs anciens, que les armes des Français étaient très-grossières (1).

Orfèvrerie, tapisserie, broderie. Il n’en fut pas de même des objets d’orfèvrerie, qui dans ces tempsfut portée k un haut degré de perfectionnement 5 et la découverte faite dans le tombeau de Childéric i er (2) debijoux, d’armes et de monnaies en or, guillochés et ornés de dessins et de pierreries, prouve évidemmentque déjà les Français avaient fait de grands progrès dans cet art. La demande de douze vers faite k SidoniusApollinaris pour être gravés sur un bassin d’argent orné de cannelures, destiné à la reine Raghchilde, femmed’Uric , roi des Yisigoths, viendrait encore k l’appui de cette opinion (3). D’ailleurs ne sait-on pas que Chil-debert employa au soulagement des pauvres une grande quantité de vaisselle d’or et d’argent ? Ainsi, indé-pendamment des bijoux en or et en argent, ciselés ou travaillés k la manière orientale en filigrane, fort enA^ogue k cette époque, l’usage de la vaisselle plate était incontestablement établi dès les commencemens de lamonarchie; mais tout cela n’était encore rien en comparaison des petites merveilles effectuées par le fameuxsaint Êloi, sous le règne de Dagobert, qui porta k un tel point dans sa cour le luxe et la magnificence, que cequ’on en raconte est k peine croyable.

L’or et l’argent avaient été fort rares en France sous le règne de Clovis et de ses enfans; mais les expédi-tions laites en Italie , les présens ou les tributs que payaient les empereurs d’Orient, et plus encore le commercefait avec les nations du Levant, avaient enrichi la France d’une grande abondance de métaux, de pierreries,de vases et d’ornemens de toute espèce; en sorte qu’on peut aisément comprendre que le luxe de la cour deDagobert fut presque égal a celui des empereurs d’Orient. Le trône du roi était, dit-on, d’or massif. On parleaussi d’une grande croix en or, enrichie de pierres précieuses, dont la perfection et le fini faisaient l’admirationdes plus habiles artistes de ce temps. On voyait encore sur le tombeau de Saint-Denis une espèce devoile de soie rehaussé d’or et enrichi de pierreries; et dans l’église, des tapisseries tissues d’or et garnies deperles, des vases d’or et d’argent, une cuve en porphyre (4), un long bâton en or émaillé, fort bien travaillé enfiligrane, et surmonté d’un aigle portant un jeune homme, qu’on regarde comme ayant servi de sceptre kDagobert (5), et plusieurs autres choses du même genre. Mais surtout ilfaisait bon, dit un auteur, voirles tapisseries tissues d’or et pour fiées de perles , distinguées de plusieurs variétés et bigarrures, enri-chies de diverses couleurs et embellies de personnages, et afin d’être suspendues par toute réglise;cequi prouve que la tapisserie et la broderie n’étaient pas plus négligées en France que l’orfèvrerie (6).

Verrerie. La découverte du tombeau de Childéric et de plusieurs autres sépultures nous apprend aussi quel’art de faire le verre était connu des Français . Plusieurs de ces tombeaux renfermaient une grande quantité deplats vases en verre de toutes les formes: toutefois rien ne prouve qu’il soit sorti de leurs manufactures des verresk l’usage des croisées; nous savons au contraire qu’on employait, pour remplacer le verre dont nous nousservons, des lames de talc, des rets en toile, des volets de bois percés de trous. Cependant, selon Grégoire deTours (7), ceci ne devrait s’entendre que du commencement de la conquête des Francs; mais il y aurait lieude croire que les verres plats étaient déjk en usage sous les rois de la première race (8).

On avait aussi trouvé le moyen de fabriquer une espèce de papier, sur lequel on écrivait les chartes, eten général tous les actes. Ce papier, assez semblable au papyrus des Égyptiens, formé d’une sorte d’écorced’arbre, était très en usage sous les rois de la première race, quoique le véritable papier fût introduiten France dès le quatrième siècle : on se le procurait par le commerce avec les pays étrangers; car lespremières fabriques que nous ayons eues en ce genre datent du règne de Charles v .

Costumes. Depuis Clovis jusqu’au temps des croisades, il ne paraît pas qu’il y ait eu de grands changemens,

(7) Gré S-- Turon., 1 . 5 , chap. n.

(8) 0 ° Ht dans la vie de Saint-Benoît qu ayant fait bâtir le couvent del’abbaye de Wirmouth en Écosse, où il mourut l’an 990, il vint en France chercher des ouvriers pour lui construire une eglise et des verreries, pour luiclore son église et son cloître; car à cette époque les manufactures de vitresn’étaient point encore connues dans la Grand-Bretagne. Forlunat parle en-core des fenêtres vitrées de 1 église de Notre-Dame de Paris , et fait entendreque c'était le roi Childebert qui avait fourni à la dépense des vitrages. ( Le-beuf, Hist. de Paris , t. 1, p- 5 . )

p. 12.

(1) Procope, Agathias, Grég. Turon., Daniel Mil. franc. , t. 1.

(2) Voy. planche VI.

(5) Voy. huitième lettre panégyrique de l’empereur Majorin.

(4) La cuve de porphyre qui était déposée au trésor de Saint-Denis estmaintenant à la Bibliothèque du roi.

( 5 ) Voy. planche IX.

(6) On a fait en France des tapisseries dès les premiers temps de la mo-narchie , et l’histoire nous apprend qu’avant Clovis on était dans l’usage d’or-ner les tombeaux des princes de riches tapisseries d’or, qu’on chargeait debroderies et de magnifiques pierreries.

II e Atlas. — Monumens.

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