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Monumens des arts libéraux, mécaniques et industriels de la France, depuis les gaulois jusqu'au règne de François Ier : 45 planches, contenant plus de 800 sujets, dessinés et gravés au trait par les plus habiles artistes en ce genre : présentant une suite non interrompue de monumens d'architecture, de sculpture et de peinture; de monnaies, médailles, meubles, armes et armures; costumes civils, religieux et militaires; machines, inventions utiles, etc., etc. ... / par ... Alexandre Lenoir
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EN FRANCE .

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le plus de soin aux arts. Pour favoriser le débouché des produits de l’industrie, Dagobert établit à Saint-Denis une foire qui devait par la suite être regardée comme une des principales du royaume, et accorda des privilègesconsidérables aux marchands qui s’y rendraient tous les ans; aussi en peu de temps les succès de cettemesure passèrent les espérances du prince.La foire de Saint-Denis devint célèbre non-seulement en France ,mais dans l’étranger 5 car, outre les marchands qui s’y rendaient de toutes les provinces du royaume, la Saxe , laHongrie, la Lombardie, l’Angleterre, l’Espagne , venaient a cette foire enlever au prix de l’or les produitsdes fabriques de France , renommées dans toute l’Europe (1).

Numismatique . On sent aussi qu’un commerce actif doit nécessiter un grand nombre de signes monétaires,et entraîner une grande fabrication de ces signes; ce qui semblerait devoir faire avancer l’art numismatique verssa perfection. Cependant les monnaies et les médailles qui nous restent de ces temps éloignés ne présententqu’un bien mince intérêt sous le rapport de l’art. On n’y voit ordinairement que des têtes mal dessinées, descaractères mal formés; au reste des légendes qui la plupart du temps ne nous apprennent ni le règne auquelelles appartiennent, ni la fabrique d’ou elles sortent; mais seulement, et comme par une espèce de compen-sation, le nom du monétaire.

Beaux-arts. On peut supposer les arts dont le but est de satisfaire les besoins ou même les commoditésde la vie, les arts dont l’exercice ne demande qu’un travail manuel ; on peut, dis-je, les supposer dans unétat brillant chez un peuple encore éloigné de la civilisation ; et des mœurs grossières, une ignorance profonde,ne sont point une preuve de leur non-existence. Il n’en est pas de même k l’égard des beaux-arts, dont le succèsdemande non-seulement des génies qui peuvent bien à la vérité se rencontrer dans tous les siècles, mais encoredes connaissances vastes et un amour de l’étude, deux choses dont on ne peut, dans des temps d’ignorance,supposer l’existence chez un assez grand nombre d’hommes simultanément pour faire fleurir les arts ; aussi lesvoyons-nous et les verrons-nous long-temps encore dans un état peu satisfaisant jusqu’au moment où lesconnaissances conservées sous un ciel plus heureux viendront une seconde fois éclairer l’Occident .

Architecture . Les Francs avaient peu construit lorsqu’ils passèrent dans la Gaule . La vue des édifices dus àla magnificence des Romains dut être pour eux un spectacle tout nouveau, mais qu ils ne tentèrent pas même d’i-miter; car c’est encore, comme sous les Romains, aux artistes grecs que nous sommes redevables des monumensélevés sous les deux premières races, et même jusqu’aux croisades,à la suite desquelles fut introduite une archi-tecture nouvelle connue sous le nom d? architecture sarracénique ou sarrasine , vulgairement 3 ippe\ée gothique^pour la distinguer de F architecture lombarde ou architecture romaine du Bas-Empire ,k laquelle elle succéda.

On peut regarder l’architecture lombarde (2) comme la décadence du style de la belle architecturegrecque et romaine, une architecture où l’on trouve des fragmens originaux de la Grèce et de l’Italie , tels quedes colonnes et des statues employées sans goût k décorer des édifices construits dans le moyen âge, le plussouvent contre toute espèce de règles. Cependant, on doit le dire, 1 introduction en Fra nce du christianismefut très-favorable au perfectionnement de cet art, en donnant aux artistes l’occasion d’exercer leurs talens.Les temples anciens furent détruits, les idoles renversées. Sur leurs débris s’élevèrent en l’honneur du vraiDieu des églises (3), des autels, des statues. Le règne de Clovis vit surtout s’opérer cette grande révo-lution dans les arts, qu’il protégea ainsi sans y songer, en concourant lui-même k la construction de plusieurséglises ( 4 ), dont quelques ruines subsistaient avant 1793. Ses successeurs firent plus encore; et nous voyons lerègne de Clotaire laisser k Soissons des vestiges imposans de l’architecture lombarde ; on y admire encore lesruines d’un palais et d’une église ( 5 ) qui lui dûrent leur fondation. Childebert, et, après lui, Dagobert r er ,donnèrent aussi une nouvelle impulsion aux arts. Le second surtout fit bâtir un grand nombre de monastèreset d’églises, entre autres, celle de Saint-Denis (6).

(1) Les Juifs faisaient presque seuls, dans les premiers siècles de 1èrechrétienne, tout le commerce extérieur ; ils allaient chercher aux échelles duLevant des marchandises qu’ils transportaient dans toutes les foires duroyaume. Ils avaient des entrepôts à Crespy, des comptoirs à Verberie , à laFerté-Milon,et dans plusieurs autresendroitsdelaPicardie. (Cambry,Descript .du dép. de Seine-et-Oise, t. 2 , p. 122 .) Du temps de la reine Frédégonde ,les marchands syriens faisaient presque seuls le commerce intérieur et exté-rieur de la France. Grégoire de Tours nous a conservé le nom d’un certainEuphronius établi à Bordeaux l'an 584-

( 2 ) Montfaucon, et, après lui, la plupart des antiquaires qui ont parlé desmonumens de cette époque, les divisent en deux classes, qu’ils distinguentpar les noms de mèTOvinfjic-ns et de car'iovingions ■ Quant à l’art en lui-même , cette division est insignifiante, car tout ce qui nous reste de la pre-mière et de la seconde race a une ressemblance telle dans le style, dans lesformes et dans l’exécution, que ce n’est qu’avec peine qu on peut en faire ladifférence.

(5) L église Nolre-Dame-des-Champs , à Paris , remplaça le temple deMercure; celle de Saint-Vincent, aujourd’hui Saint-Germain-des-Prés , celud’Isis; et les démolitions du temple de Mars, qui occupait la butte Mont-martre , servirent à la construction d’une chapelle en l’honneur de saintDenis.

(4) Il fonda l’église de Sainte-Geneviève, en exécution d’un vœu qu’il avaitfait en allant combattre Alaric, roi des Visigoths, qu il tua de sa main.

(5) V oy.pl. VIII, l’église souterraine de Saint-Médard et les ruines d’uncirque.

(6) Nous n’ignorons pas que depuis Montfaucon il s’est trouvé des hommesqui affectent de récuser les documens qu il nous a laissés sur les monumensdu moyen âge, pour avoir l’occasion démettre et de soutenir des opinionscontraires; selon eux, la France ayant été dévastée plusieurs fois par leshommes du nord, il n’existe plus de monumens de la partie du moyen âgequi a précédé le onzième siècle. Cette opinion ne nous paraît pas admis-sible; et, sans chercher à justifier entièrement Montfaucon, doutle jugement

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