14 DISCOURS
ture n’avoit elle-même tracé en caractères difficiles à déchiffrer,mais lisibles pour ceux qui veulent s’en donner la peine, cettesuite de périodes qui lui retracent de grands événemens, placésdans des tems incommensurables, mais attestés par des monu-mens beaucoup plus fidèles que la plupart de ceux que l’iiistoirenous a transmis.
Que cette longue suite de siècles ne nous effarouche pas ;le teins n’est qu’une abstraction relative, et une abstractionn’est rien pour la nature.
Mais des êtres qui ont été autrefois organisés , et qu’on trouvedans l’intérieur de la terre, conservant encore leurs caractèresspécifiques au point de pouvoir être comparés avec des analo-gues connus, sont quelque chose ; et si nos sens ne sont pasle résultat d’une perpétuelle illusion, ainsi qu’il seroit absurdede le supposer, pourroit-on dire que tous ces rhinocéros, tousces éléphans, la plupart d’espèces connues , dont on trouvetant de restes sur diverses parties de la terre, à des distancesimmenses des lieux où vivent actuellement ces mêmes ani-maux , sont des jeux de la nature ou l’effet des combinaisonsdu hasard.
Il faudroit donc en dire autant de ces nombreuses famillesde coquilles dont la terre est, pour ainsi dire, jonchée de toutepart, et qu’on trouve non-seulement pétrifiées, mais souventdans un état si parfait de conservation, qu’on pourroit les con-fondre avec les coquilles actuelles de la mer, si on ne les trouvoit