Ce que l’on dit ici de quelques parties de la France, si richeen productions de cette nature , doit s’appliquer également à laRussie , à la Suède, au Dannemarck, à la Pologne, à l’Angle-terre , à l’Espagne, à l’Italie, etc. : enfin, si des hommes savanset intrépides pouvoient suivre le même plan dans quelquescontrées de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique, ne doutonspas qu’il ne résultât d’un tel travail, c’est-à-dire, du tableau gé-néral et comparatif de tant de fossiles , trouvés dans des lati-tudes si opposées, un ensemble de faits si instructifs, qu’on nevint à bout enfin de déchiffrer par-là quelques pages de l’an-tique histoire chronologique de la terre.
Il seroit possible au moins que de si grands et de si nom-breux rapprochemens, nous procurassent un jour des moyens dereconnoître si, à certaines époques, la nature n’a pas, si l’onpeut s’exprimer de la sorte, donné la préférence à telle ou tellefamille d’êtres organisés, dont la multiplication semble avoirété extrême ; si ces êtres n’ont pas disparu en faisant place àleur tour à d’autres, et si dans la suite de ces actes réitérés degénérations nouvelles, la nature, riche de tous ces moyens etmarchant progressivement du simple au composé, n’a pas donnénaissance aux grands quadrupèdes, dont quelques espèces gi-gantesques sont perdues à leur tour, et n’existent plus à présentque dans l’état fossile.
Enfin, si tant de faits servoient à nous démontrer le con-traire, ils n’en seroient pas pour cela moins instructifs; maisce qui n’est ni systématique, ni idéal, c’est qu’au milieu de