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HISTOIRE NATURELLE
un plaisir extrême au bon Hoffmann. Toutes les précautionspossibles furent prises pour obtenir cette tête intacte; et commela pierre est très-tendre, on n’y parvint qu’à force de soins et encernant le bloc de très-loin, de manière à obtenir une massesolide par son épaisseur et par-son volume. Rien n’égala leplaisir vif et la jouissance qu’éprouva ce naturaliste, en tra-vaillant de ses mains pendant plusieurs jours à détacher cebloc, à le diminuer, à le façonner, et à le faire arriver à forcede soins et de bras hors des carrières, pour le transporter chezlui comme en triomphe.
Mais cette belle conquête en histoire naturelle, qui lui avoitprocuré tant de satisfaction, devoit bientôt être l’objet cl’ungrand chagrin.
Un des chanoines de la ville possédoit la surface du sol au-dessous duquel se trouvoit la carrière dans laquelle le crocodileavoit été découvert. Cet ecclésiastique, malgré son peu de goûtpour l’histoire naturelle , imagina à l’appui d’une loi féodale ,de réclamer la propriété d’un objet qui ne devoit certainementlui appartenir à aucun titre, et qui ne pouvoit être assimilé nià un trésor, ni à une mine d’or ou d’argent; mais la réputationdont jouissoit ce beau morceau, lui donnoit une valeur; et cemot séduisit le bénéficier. Hoffmann défendit sa cause aveccourage ; l’affaire devint sérieuse ; le chapitre intervint, soncrédit l’emporta, et le pauvre Hoffmann perdit son crocodile etpaya les dépens. L’on peut juger de son désespoir et du dégoûtqu’il éprouva pour de semblables recherches , qui faisoient au-trefois son bonheur. On lui devoit la plupart des beaux fossilesde la montagne de Maestricht, qui ornent les cabinets de Hol-lande et d’Allemagne ; et sous ce point de vue l’histoire natu-relle lui a de grandes obligations.