218 histoire naturelle
rare fossiles qui étoit alors au pouvoir d’Hoffmann , prononçaau premier aspect qu’il devoit avoir appartenu à un animal dugenre des crocodiles.
Quelque tems après , j’eus le plaisir de voir Camper à Paris,chez Buffon , qui accueillit le naturaliste hollandois d’une ma-nière aussi honorable pour l’un que pour l’autre, et qui, ayantpris connoissance de son travail sur les cétacés , offrit de fairegraver à ses frais les cinquante dessins qui formoient cette bellecollection, alin d’en faciliter la jouissance aux savans et avan-cer par-là l’histoire naturelle de ces grands animaux marinsencore peu connus (1).
Peu de jours après , Camper, étant venu visiter ma collec-tion de fossiles, m’exhorta beaucoup à me rendre à Maes-triclit, pour y observer toutes les richesses en ce genre que ren-ferme ce pays. Il me parla avec une sorte d’enthousiasme sur-tout des grands os maxillaires du crocodile, et d’une multitudede vertèbres et d’autres dépouilles d’animaux qui méritoienttoutes l’attention des naturalistes, et qui étoient très-propres àrépandre des lumières sur les révolutions du globe. Cet illustresavant eut la bonté de m’offrir de m’accompagner par-tout, etde m’engager à aller étudier sa propre collection à la Haie ,où il avoit réuni beaucoup de fossiles, particulièrement ceux dela montagne de Saint-Pierre.
Ce fut alors qu’il me dit qu’ayant pesé depuis lors son opi-nion concernant l’animal de Maestricht, qu’il avoit considéré
(i) Cette collection, composée de plus de cinquante planches, Tnt gravée par Desève filsaux liais; de Bubon ; il faut espérer qu’A. G. Campe., son lils, publiera un jour le beau re-cueil de savantes observations de son illustre père sur les cétacés.