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Discours Préliminaire* 7
servira de boussole dans la botanique, qui offre un nombre suffisant dedécouvertes utiles ou curieuses, pour l’exempter enfin du reproche de sèche*resse et de nomenclature, fait depuis : si long-tems à cette partie fécondede l’histoire naturelle.
Si dans le règne animal et végétal une leçon est utile-, si elle y amuseet intéresse, elle devient nécessaire et indispensable dans le règne minéral tVoici pourquoi. Dès leur tendre jeunesse les hommes, environnés de végétauxet d’animaux, apprennent sans y penser à en connoître, au moins imparfai-tement, une bonne partie, sur-tout de ceux avec lesquels ils ont un rapportplus direct : de-là vient, qu’à l’âge de majorité ils savent ou croient savoirtout ce qu’il leur faut sur ce sujet, relativement à leurs besoins et à leur eu*riosité. 11 n’en est pas de même avec les objets qui dépendent du règneminéral ; car comme ceux-ci ne se présentent jamais à nbs yeux dans leurétat primitif, il est vrai de dire , qu’à moins que l’histoire naturelle ne vienneà notre secours, nous sommes tous dans notre enfance à leur égard : nousvoyons à la vérité les métaux purifiés à l’entour de nous, nous apprenonsqu’on les tire de la terre, nous nous en servons, mais voilà tout.
Combien trouvera-t-on d’hommes, qui se doutent seulement de ce qu’il
en a coûté à leurs semblables, pour leur procurer la jouissance de ces métaux,dont ils se servent tous les jours avec si peu de réflexion ? est - il donc
étonnant qu’ils ignorent, que dans la terre il se trouve des minéraux très-variés,qui ne ressemblent en rien aux produits,qu’en tire le fondeur habile? est ilcroyable qu’ils s’informent seulement, si cette même terre renferme des demimétaux, des substances inflammables, des sels, des terres, des pierres et autrescorps utiles , dont l’usage n’est ni si général ni si frappant que celui des métaux.
S’il est donc vrai, que plus l’ignorance est générale plus Finstruction devientnécessaire, il paroît évident que la minéralogie, par elle seule, établit suffi-samment la nécessité des leçons publiques en cette science ; dont 'elle fait ’aussi toucher l’utilité au doigt : car la métallurgie et la docimasie n’ayantlaissé échapper à leurs recherches laborieuses aucun des différens corps sortisdes entrailles de la terre , le professeur n’éprouve aucune difficulté de rendreses leçons importantes, même sur les moindres objets : terres, pierres, bitumes,"souffre, sels, minéraux, métaux, tout est également intéressant parie jourqu’y ont jette les opérations chimiques, mille fois répétées par les mainsles plus habiles, et les observations constantes faites par les yeux les plusexercés en cette matière, dont les auteurs de toutes les nations fournissentau lecteur, avide de s’instruire, la moisson la plus abondante.
Aussi quel intérêt ne répand pas sur ses leçons un professeur», qui parses paroles analyse le corps dont il parle jusque dans ses moindres parties?qui en fait connoître les affinités et les signes caractéristiques ; qui enseignesa maniéré de se comporter aü feu, et son utilité dans les arts ou sciences,de façon que jusqu aux terres empierres, en apparence les plus viles, deviennentpar ses instructions des objets dignes de l’attention du public ? Mais sur-toutquelle satisfaction doivent éprouver le maître et le disciple, quand le premier,
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