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Des Terres et de leur Division;
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CHAPITRE II-
Ï)ES TERRES ET D E LEUR DIVISION,
Jusqu’à quand laissera-1-on subsister en histoire naturelle ces divisionsineptes, désavouées par le bon sens et la saine logique, qui, au lieu de fa-ciliter nos connoissances, ne peuvent que nous embrouiller, et qui s’oppo-sent au progrès de la science, en lui prêtant des difficultés qui ne sont pasdans la nature! Les loix de la logique, d’accord, avec la raison, posent deuxrègles pour toute division ; l’une qu’elle doit etre entière, 1 autre que sesmembres doivent être opposés ; et, quoiqu'elles ne rejettent pas la pluralitédes membres, elles donnent la préférence aux divisions qui n’en ont quedeux. Voyons maintenant si les divisions connues des terres sont confor-mes à ces loix.
Les uns les divisent avec Stahl en vitrescibles et calcaires, sans fairemention des argileuses : les autres avec Woltersdorft et Bomare en argi-leuses et alkalines ou calcaires; mais, outre que cette division exclud lesable, le sablon, la terre à ciment &c., sans parler des défauts des sous-divisions, il faudra pour la suivre avoir toujours le creuset oiî 1 eau-forteà la main : d’autres avec d’Acosta en humides, sèches, et composées; mem-bres bien opposés! d’autres avec Woodward, en douces et en rudes, ouavec Cartlieuser en dissolubles et en indissolubles -.ceux-ci seroient plusexacts que les autres, s’ils ne se mettoient à leur niveau par l’inexactitudedes subdivisions, lorsque le premier place parmi les terres rudes et inéga-les, l’agaric minéral, la craie, et plusieurs autres espèces très-douces, etlorsque le second place la craie, la marne, ècc. parmi les indissolubles, quicependant pour la plus grande partie sont dissolubles, dans le sens queCartlieuser donne à ce mot.
Pour ne pas ennuyer mes lecteurs par une trop longue énumération, jeme bornerai aux. deux auteurs, qui paroissent faits pour.nous donner desrègles en minéralogie : le célèbre naturaliste Linnæus, et Wallerius, cesavant dont la méthode, plus intelligible et plus instructive que celle deLinnæus , est presqu’universellcment suivie de nos jours. Le premier, divisantles terres en sablon , argile , terreau, sable, ocre, et marne, en oublie plusieursespèces, comme la calcaire et la magnésienne. Je ne m’arrêterai donc pointà sa division, dont le seul défaut n'est pas d’être incomplète.
Wallerius les divise en maigres, grasses, minérales, et dures : commes’il divisoit les animaux en raisonnables, irraisonnables, blancs, et testacés.Quelque peu familiarisé qu’on soit avec la logique , on ne peut s’empêcherde sentir vivement, combien une telle division est défectueuse en tousses points. Nonobstant cette évidence, le mérite et l’autorité du savantdont il s’agit, surtout le danp-er de laisser subsister des erreurs dans unouvrage devenu classique, exigent un examen sérieux de ma part.
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