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Oryctographie de Bruxelles : ou description des fossiles tant naturels qu'accidentels découverts jusqu'à ce jour dans les environs de cette ville / par ... François-Xavier Burtin
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Des Coquilles Fossiles:

peuvent remplir leur fonction et ne pas gêner cel-les de l’animal, vu qu’elles paroissent remplir en-tièrement la partie la plus étroite du tuyau du Taret.Mais cette discussion seroit déplacée ici, où il nes'agit que de donner un analogue à nos Taretsfossiles : or ces parties, que Mr Adanson appellePalettes, remplissent cet objet le plus complètement,dès qu’il est démontré, comme on ne peut en dou-ter , qu’elles appartiennent au Taret de Pondi chéri.Ceux entre nos fossiles où j’ai rencontré ce signecaractéristique sont les suivans :

1. L’espèce A pi- XXVII, qui est celle , dont ontrouve le plus souvent les tuyaux garnis en-dedanset au-dehors de cristaux bruns spatheux calcaires.

2. Celle en C pl. XXIII, qui n’est qu’une va-riété de la précédente.

g. Celle en D ibid. autre variété des précédentes,OÙ on voit deux de ces Palettes, entièrement àdécouvert. On en voit de même une détachée enB ibid.

4. Celle en À ibid. teinte par l’ocre de Fer.

5. L’espèce qu’on voit à la planche XXIV. Cemorceau intéressant, de même largeur, mais le doubleplus long que la figure , offre un éclat mince debois pourri, fort ressemblant à de l’écorce , percédans son milieu par quelques trous deTarêts, dontun est beaucoup plus considérable que les autres.Ce bois couvre en partie une pierre sabloneuseet calcaire, qui a remplacé la partie du bois dé-truite. Cette pierre est toute remplie de Tarets dePondicheri, dont les bouts minces ou extérieursse montrent à découvert autour des bords. Presquedans chaque tuyati, dont on ouvre le bout, onrencontre une ou deux Palettes, qui sont droitesou courbes selon la direction du tuyau. Quoiquetrès-délicates, elles sont d’une conservation par-faite, et semblent formées par une rangée de pe-tits entonnoirs aplatis, emboîtés l’un dans l’autre, quivont toujours en grandissant depuis la pointe jusqu’àl’endroit où commence le pédicule, qu’on peutaussi appeller le manche ou la tige unie de la Pa-lette. On voit les Palettes avec leurs pédicules enB et D pl. XXIII: je n’y apperçois cependant pasles épines latérales, que Mr Adanson compare, pourleur finesse, à des soies ou des barbés de plumé.Il se pourroit que leur trop grande subtilité se fûtopposée à leur conservation. Quoique dans plusieursmorceaux ces Tarets fossiles aient suivi le fil du bois ,il en est d’autres où ils ont pris leur chemin tout droitde la circonférence au centre. Ce qui me fait soup-çonner que cette espèce a ses variétés. Les Taretsde Pondicheri ont habité les environs de Melsbroeck.

Jusqu’ici nous avons marché d’un pas assurédans l’analogie de nos Tarets fossiles; ceux dontil nous reste à parler sont des échelons nouveauxdans la chaîne des êtres. Telle est assurément lapétrification rare et intéressante, dont la pl. XXIXoffre un échantillon, qui est une tranche de gran-deur naturelle d’un morceau , long entre trois etquatre pieds, dont l’épaisseur et la forme extérieuresont par-tout égales. Une croûte de pierre calcairesabloneuse, dont on voit l’épaisseur dans la repré-sentation , est garnie intérieurement d’un amas in-nombrable de corps vermiculaires , coniques , plusOU moins entrelacés, formant des plis circulaires,depuis leur pointe jusqu’aux cinq quarts de leurlongueur, où les plis cessent, pour faire placea un bout arrondi, uni, un peu plus gros que lereste du corps ou du tuyau plisse. Ces tuyaux se

C——■ 1 Tl"

C I ) Davila cat. sysc. t. 1 , p. 399.

j(a) Guettard tném. sur les sciences, t. 3 , p. 125.

rendent tous de la circonférence au centre, où H®forment des groupes plus ou moins élevés, maislaissent cependant presque par-tout le centre v1 'de, ce qui ajoute beaucoup à la beauté du coup'dmeil et à la connoissance exacte de leur march e 'L'arrondissement uniforme de cette masse ne pefmet pas de ranger ses tuyaux parmi les- vermicuh'tes, dont le pied ou le point d’attache ne peu 1prendre que la forme du corps où ils se sont att*'chés. Voici donc ce que j’opine de ces masses i®'connues de tuyaux de différentes espèces que pre*sentent nos environs.

Personne n’ignore, que parmi les végétaux de*Indes, il s’en trouve plusieurs, qui sous une enve'loppe ligneuse ou filamenteuse compacte, renfer-ment une substance molle farineuse ou pulpacée;tels sont les diffétens palmiers à sagou, les baril'bous, le voulou, et d’autres arondinacées. Ceu#de ces végétaux, dont le caractère est d’aimer I evoisinage de Peau , d’autres que le hazard à cou*duits vers la mer, offrent une proie facile au#Tarets destructeurs, qui dès qu’ils ont pénétrél’enveloppe , ne trouvent rien dans la substanc®molle intérieure, qui les oblige à s'écarter de leurchemin, et peuvent aller par la voie la plus courtsdirectement au centre. Voilà, comme je pense, l’o-rigine de tous les Tarets fossiles de nos Environs»qui comme ceux de la planche XXVIII, au lieu de s’in-cliner de part et d’autre, comme les Tarets de no*pilotis, vont droit de la circonférence se réunirau milieu de la masse dont ils font partie , laquellen’ayant été qu’une pulpe molle , ne peut avoir laisséaucune trace des fibres du bois.

Ce que je viens de dire n’est pas tout-à-fait 1®fruit de mon imagination, mais il est fondéen partie sur l’observation de ce qui se pass®encore aujourd’hui dans les mers des Indes, où un®multitude d’arbres et d’autres végétaux, inconnu*aux Européens et même aux Indiens, bordent de*çôtes désertes, et deviennent le réceptacle d®Tarets, inconnus à leur tour. Témoins ceux aux-quels Walch, dans le tome 10 du Natur-Forssckef ta donné le nom de Massues <T Hercule ; dont Davil#a parle le premier (1), en les rangeant ave®raison parmi les Tarets. Mr Guettard en a parlé Üson tour sous le nom d^Uperotes ( 2 ) ; mais c’est à-tort qu'il leur refuse une place dans sa division d®*Tarets. Enfin, le savant Conchyliologie Spengle®(3 J vient de donner l’histoire exacte de cet ani- 1mal, et du fruit, approchant du Coco, qu’il oc-cupe, et qu’on pêche à la côte de Coromandelparmi les coquillages de mer, sans que pcrsonD®puisse se vanter d’avoir vu l’arbre qui le port®*Cet observateur ajoute à sa description les figure*enluminées du fruit Indien et de ses Tarets, q®‘ne laissent plus de doute sur cette matière.

Il seroit à souhaiter, que Mr Spengler exécutéla promesse, qu’il fait dans le mémoire cité, d®communiquer au public les figures et la descriptio 11de tous les Tarets connus; entreprise très-util®*dont son ardeur pour la Conchyliologie, et saîatioü avec les Indes, sur-tout avec Tranquebaf»le rendent plus capable que personne. C’est po° flors que je pourrai peut-être assigner leurs plac® 5 ’dans la famille nombreuse des Tarets, à différentespèces, telles que celle en B pl. XXVII, ce^de la pl. XXVIII, et plusieurs autres parmi ^fossiles, dont je me suis abstenu de donner lesj^gurçs , et que j’oserois à peine ranger parmi lesT ^

( 3 ) Natur-Forsscker. Halle, t. 13 , p. J,