ART ET NATURE.
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les apprendrez vite parce que vous les saisirez de primecoup.
Ce développement cérébral se montre donc nécessairepour faire de l’art. Il est nécessaire avant toute préparationspéciale, parce qu’il amène à mieux comprendre les règlesde 1 esthétique et qu’avec lui on est déjà bien près de l’art.La plénitude expressive d’un lableau reste l’effet natureld’une masse d'impressions accumulées.
Mais, me direz-vous, ce développement cérébral, quiexige, en somme, la justesse de l’esprit, l’exactitude duraisonnement, sur quoi le grclfer? Quel peut être son pointde départ ?
L’homme instruit, désireux de faire œuvre d’écrivain,trouve dans la lecture un remède certain pour combattrela stérilité d’esprit. J'entends la lecture intelligente, quiouvre l’àme, la remplit, y laisse pénétrer le monde moralet physique, et non la lecture de laquelle on attend deslormules toutes faites, des jugements tout formulés, desappréciations qu’on fera siennes, dont on se servira pourmasquer son ignorance on faire paraître son esprit en éveillorsqu’il dort d’un sommeil profond. Les œuvres des maî-tres sont la lecture du peintre et du photographe. En unmot, les premiers germes du développement cérébral éclo-sent sous la chaleur de la pensée des autres. Mais qu’onlise les livres d’une bibliothèque ou qu’on regarde lestableaux d’une galerie, il faut mêler à sa lecture ou à sacontemplation tout son esprit personnel, toutes ses idéespropres, acquises ou natives. Il faut lutter pour comprendrece qu’il y a de beau ou de défectueux dans telle ou tellecomposition. Il faut distinguer toutes les parties de l’en-semble, tous les termes des rapports. Le beau ou le défec-tueux perçu, et la distinction des rapports établis, onessaye de les sentir, de les critiquer, de les analyser, voirede les juger. Plus on assouplira son esprit à cette gymnas-tique, plus rapidement on saisira les différentes parties d'unmotif, plus sûrement on les comparera entre elles, plusaisément on jugera de la convenance ou de la disconvenancedes rapports qui les unissent. L’étude et l’observationamènent seules à l’appréciation de l’œuvre. Si notrebachelier du début se montre un peu bien prétentieux en