CHAPITRE II. 27
élevées ou en saillie, fait croire à l’hommevulgaire qui a continuellement ce fait sousles yeux, qu’il n’y a rien d’étonnant que celasoit ainsi.
Cependant tout homme capable de méditerprofondément sur les grands objets que laNature offre à son observation, ne peut s’em-pêcher d’éprouver de l’étonnement en voyantque les eaux marines ont constamment unbassin et des limites pour les contenir, etqu’elles sont toujours enfoncées dans l’épais-seur de la couche ou croûte externe du globe,de manière qu’en tout tems et partout leurniveau est plus bas que cette couche externe.
Mais pour peu que ce philosophe observa-teur examine avec attention tout ce qui a lieuà cet égard, bientôt il s’aperçoit qu’il doitexister une cause puissante qui force les eauxdes mers à se creuser continuellement un bas-sin particulier pour les contenir, à laisser tou-jours en saillie une grande partie des matièressolides qui forment la croûte externe du globe ,malgré l’excès de pesanteur de ces matièressur les eaux liquides, et enfin qui détruit sanscesse l’effet des remplissages formés continuel-l lement par le mouvement des eaux douces;en sorte que le bassin des mers ne se remplitjamais.