14 HISTOIRE DU CANAL
adjugèrent la vente à M. de Riquet comme dernier íùrdisant, pour la íòmme de
200,000 livres avec les droits Sc privilèges portés par l’Edit du mois d’Octobre
1666.
Verne de ia fe- 2 y. Il fut fait séparément une autre vente Sc adjudication à M. de Riquet de la
Caníi. pame dU partie du Canal, depuisTrêbes jusqu à l’étang de Thau, moyennant 200,000 ;& ilfut décidé qu’il lui seroit donné quittance au Trésor Royal pour ces deux objets.
On sent que cette vente à laquelle on donna tantd’appareil, ne fìit pourtantqu une pure formalité ; il étoit impossible d’admettre un autre Acquéreur : Pou-voit-on trouver personne qui fût plus capable de veiller à l’entretien du Canal,Sc qui méritât plus d’en jouir que celui qui en étoit l’inventeur , Sc qui l’exé-cutoit \ La capacité que Ion reconnoissoit à M. de Riquet , l’amour quechacun a naturellement pour son ouvrage, étoient des garansdefonzèle à conser-ver ce Canal, Si l'on vouloir perpétuer cette raison dans la famille Sc la postéritéde ce grand homme, à la charge de l’entretenir toujours navigable ; condition quecette famille remplit avec autant d’exactitude que inintelligence, comme nousaurons occasion de le faire observer.
26. Après l’adjudication de ce premier ouvrage, M. de Riquet ne songeaplus qu à mettre toute l 5 activité Sc la diligence possible dans íès travaux. Pouréviter en même-temps la confusion Sc le désordre, il les divisa en plusieurs atte-liers, fur chacun desquels il établit un Chef; chaque Chef commandoit cinqBrigades, & chaque Brigadier cinquante travailleurs. Ces travaux furent encoredistingués par départemens, à chacun desquels il établit un Contrôleur généralSc des Contrôleurs Ambulans auxqueis les Brigadiers Sc Chefs d’atteliers ,étoient obligés de représenter journellement leurs états des travailleurs, qui entotal formoient environ 12000 hommes.
Il n étoit pas possible que ce grand nombre d’ouvriers pussent loger dans lesauberges Sc les maisons circonvoisines ; cependant il leur falloir une retraitependant la nuit, à portée de leur travail. Les habitans des environs la leur refu-íòient souvent, M. de Riquet s’adrestà à M. de Bezons, qui, par son Ordon-nance du 19 Janvier 1667, enjoignit aux Consuls des Villes Sc lieux circonvoi-sins du Canal, de loger & faire coucher fous des couverts les ouvriers Sc travail-leurs du Canal, en donnant deux deniers chacun, Sc il commit un Garde deM. le Duc de Verneuil, Gouverneur de la Province, pour tenir la main à Inexé-cution de cette Ordonnance.
Mais comme la modicité du paiement donné par chaque travailleur n’étoitpas capable de leur procurer des couverts commodes, M. de Bezons, par uneseconde Ordonnance du 7 Mars suivant, augmenta ce piaement, qu’il fixa â unfol par travailleur, à la charge de les loger & coucher dans les maisons Sc métairies.
Premierepierre 27. L ordre que M. de Riquet avoit établi dans ses travaux, contribuoit beau-1667V en Avnl * coup à les accélérer ; aussi la premiere pierre du premier magasin d’eaux appelléRéservoir de Saint Ferriol, fut posée au commencement du mois d’Avril 1667.Cette cérémonie fut faite avec pompe par l’Archevêque de Toulouse, TEvêquecle Saint Papoul officiant comme Diocésain; M. de Riquet avoit raison de cher-cher les occasions de donner de la réputation à son ouvrage, tant dans le Royaume