DE LANGUEDOC, Chap. II. 31
Ï1 semble qu en suivant la réglé de ne donner que huit ou 10 pieds de chuteà un sas, il en auroit fallu deux pour une différence de niveau de 20 pieds ; dumoins c est ce que ion a fait au Canal de Languedoc, où il n’y a qu une feuleécluse de 12 pieds, & où la chute n est ordinairement que de huit pieds. Cepen-dant le célèbre Dubié qui a fait construire en 1643 celui de Bouzingue, n a faitqu’un seul bassin , de forte que les portes d’en-bas soutiennent 20 pieds d’eau.
Un bassin, une chambre d’éclufe, òu Un sas , est donc la capacité ovale ter-minée par des portes d’éclufes , & placée à l’endroit dune chute qui naît dela pente du terrein : par son moyen on fe rend maître de la dépense des eaux,& de la hauteur où l’on veut les éléver dans le bassin, afin que les bateaux quel’on y fait entrer puissent passer de la partie d’amont dans celle d’aval, Sc réci-proquement de celle-ci dans la première, parle jeu alternatif des écluses.
5 8. Le plancher du ses est d’environ un pied au-deíîùs du lit du Canal du côtéd’aval. Dans le temps ordinaire, les eaux sent de niveau au-dedans, & endehors du ses, pour ne point fatiguer inutilement les portes basses des éclusesqtt’on peut alors laisser ouvertes, au lieu que celles d’en-haut restent ferméespqur soutenir le Canal du côté d’amont à une hauteur propre à la navigation.§il’éclufeest placée dans une rivière, on construit un déchargeoir de superficie,par où s’écoule l’eau que le courant fournit continuellement, Sc qui vient sejoindre par un contre-fossé avec celle d’en-bas ; quelquefois on s’en sert pourfaire tourner iin moulin íùr le côté de l’écluse ; mais il n y a rien de pareil dansle Canal dont nous parlons.
59' four faire passer une barque de la partie basse dans la haute, on intro-duit la barque dans le ses, après quoi l’on ferme les portes baises de l’écluse, dontles vannes sent alors baissées ou les guichets fermés ; auísi-tôt l’Ecluíìer ouvreles vannes des portes supérieures , ou les vanteaux des portes de défense , l’eauque fournissent les guichets de ces vannes ou vanteaux , remplit le ses jufqu’au
niveau du Canal du côté d’amont; cela ne peut arriver fans que le bateau s’éleveavec l’eau au-destus de la chute; quand il est à la hauteur des eaux supérieures,on ouvre sens peine les portes d’en-haut pour le laisser sortir. S’il se rencontre uneautre barque prête à descendre, elle profite de l’occasion pour passer dans le ses,alors on ferme les portes de défense, ou celles d’en-haut qui arrêtent les eaux ,ainsi que leurs vannes Sc leurs guichets ; on leve les vannes des portes basses pourfaire couler l’eau & descendre ce bateau jufqu’au niveau d’en-bas; Sc en ouvrantles portes basses, la barque de niveau avec h Retenue (a) inférieure, c’est-à-dire,avec le Canal d en-bas, continue se route.
On recommence l’une des manœuvres précédentes autant de fois qu il y ade bateaux à faire monter ou descendre, si le ses n’en peut contenir qu’un àl a fois; mais en lui donnant plus de capacité, l’on peut en faire passer plusieursen même-temps, ainsi qu on l’a fait dans le Canal de Languedoc.
. 60. Comme les portes basses se fatiguent damant plus par l’eau qu elles sou-tiennent, que la chute se trouve plus haute, si elle passe 12 à .15 pieds, on se
(sl) On appels Retenue , Pespacede Canal compris entre deux écluses, le Peuple l’appelle Reculade.U Uuial de kriare c’est un Bïé.
T
Jeu des écluses.
Ecluses accolées.