1 66 CANAUX DE NAVIGATION, Chap, VI.
pas empêché le Rhône en 1756 de surpasser les digues vers Beaucaire, à deminer les ouvrages qu’on leur avoir opposés, ce qui a causé de grands dom-mages aux salins de Pécais ; quoique toutes les vérifications se sussent réuniespour assurer que ces digues étoient dune hauteur Sc dune solidité suffisante;qu un principe incontestable de la durée d’un grand ouvrage d’hydraulique estd’en éloigner les eaux íujettes â rouler du gravier ou du limon, ou à débor-der ; que l’Aude dont on veut leur donner les eaux en échange de celles queconsommera le Canal projetté, est la plus terrible rivière du Languedoc ; lesVérificateurs convenant eux-mêmes qu elle s’éleve quelquefois de 26 pieds au-dessus de son niveau, & qu’elle estsouvènt trouble, puisqu ils avancent positi-vement dan s leur vérification, qu il ne faudra point donner ses eaux au Canaldes deux Mers quand elles seront troubles.
Enfin, disoient MM. les Propriétaires, la navigation seroìt exposée i°, à l’at-tention & à la bonne foi de celui qui jugeroit si ces eaux sont troubles ou ne lefont pas : 2 , à iattention du Gardien de la vanne que la ville de Narbonnemettroit à l’entrée des eaux de f Aude dans le Canal, puisque s'il négligeoit defermer cette vanne à propos, les inondations de l’Aude fer oient entrer íes eauxdans le Canal; enfin à la justesse avec laquelle les proportions de ces ouvragesauroient été établies ; car s’ils étoient moins élevés que les plus grandes inon-dations possibles de f Aude, ce torrent entreroit encore dans le Canal, A lefavageroit.
Conciliation faite 192. Par tous ces motifs doppofition de ìa part de MM. les Propriétaires
en 1774. J u ôanal, l’afïàire étoit encore indécise, M. l'Archevêque de Narbonne ne ces*soit de s'úccuper des moyens de concilier les intérêts des Propriétaires avecceux de la ville de Narbonne, & le bien général du commerce qui devoir résul-ter de l’accompiissement de cette jonction, & l'on prévoyois qu’une nouvellevérification autentique seroit nécessaire avant de prendre définitivement un partiíùr un objet aussi délicat. Mais MM. les Propriétaires du Canal voulant contri-buer à l’avantage de la ville de Narbonne, & à celui que l’on croyoit résulterpour le commerce, du Canal de jonction projetté, présentèrent de leur propremouvement aux Etats, en 1775, un projet qui avoir été agréé par une délibéra-tion de la ville de Narbonne du 27 Décembre 1774, qui terminoit ce Procèscommencé depuis cent ans, qui donnoit la facilité d’exécuterla jonction à moinsde frais que par les devis précédens, & qui aíîuroit également & à perpétuitéla nouvelle navigation , fans exposer l’ancienne.
193. Ce projet étoit fondé íur rétablissement d un magasin contenant seaunécessaire à la nouvelle navigation. Il étoit surprenant qu’aucun des Vérificateursn’eût proposé ce moyen, qui levoit toutes les difficultés. En effet cette propo-sition fut acceptée unanimement par l’assemblée des Etats le 17 Février 1776.Le nouveau réservoir ou baísin de Lampy,marqué O dans notre carte du Canal,fera construit dans la Montagne noire à l’endroit où le ruisseau de Lampy tombedans la rigole. II y a dans cet endroit deux montagnes qui à leur base ne sontéloignées que de 25 toises, & de 60 à la hauteur de y o pieds ; il contiendra cinqcents mille toises cubes, quantité d’eau suffisante pour remplacer dans le grandCanal celle que consommera la branche de jonction.