Autre projets decanaux»
Avantage d i ca-oal de Provence.
ï 76 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. VII.
des bureaux à Paris & ailleurs, pour y recevoir les soumissions de ceux quivoudroient prendre des actions dans ce canal. Ces Lettres-Patentes du 4 Mai1718, furent enregistrées tant au Parlement qu’enla Chambre des Comtes d’Aix.
Diverses circonstances empêchèrent encore Inexécution de ce canal, entre-autres, le refus que fit le Pape de permettre qu’il traversât le Comtat. Dans lafuite la Compagnie de Picardie obtint de M. le Cardinal de Fleury de con-vertir les actions qui avoient été délivrées en intérêts fur le canal de Picardie :ce qui fut fait par Arrêt du Conseil de 1730. Il est parlé de ce projet dansle P. le Long n°. 968 , & dans le Dictionnaire de M. l’Abbé Expiily. Ce ca-nal de Saint Chamas & de Donzère auquei on donna le nom de Canal de Pro-vence , & dont il fut encore question en 1749 comme nous le dirons bien-tôt (209), n est pas le même que celui dont il est aujourd’hui question, depuisles ouvrages de M. Floquet, & qui doit aller à Aix, à Marseille & à Taras-con (208)..
M. Thomaísin, dans ses lettres fur les canaux , dit que ce projet fit beaucoupde bruit à Paris, 8 c qu’il y eut en peu de temps plus de cinq millions de dépo-ses par des Actionnaires ; je trouve ailleurs 12 y o mille livres seulement. M. d’Al-lement, Gentilhomme Provençal, étoit l’Auteur du projet, qui cependant por-toit le nom de M. Cyprian, Protonotaire à Avignon.
207. Il y avoit aussi un autre canal que M. le Maréchal de Vauban avoitprojetté, 8 i dont il est parlé à la page 331 des Mémoires de M. Bastillepour servir à l’histoire de Languedoc: i’objet de cette entreprise étoit de faireeviter aux barques qui pasteroient de la mer au Rhône , les embouchurestoujours dangereuses de ce Fleuve ; une autre Compagnie a proposé d’exécuterce canal, qui doit d’un côté communiquer à la mer au port de Bouc , & del’autre au Rhône, nous en parlerons fort au long, (220) & il n’a rien de com-mun avec celui qui fait i’objet des ouvrages de M. Floquet ; mais dans le casou le canal de Bouc auroit eu lieu, M. Floquet vouloit tirer une branchedepuis son canal jusqu’à la mer de Martigues.
M. Brun, Architecte de la ville de i’Iste, fit exécuter il y a quelques annéesun canal d’arroíàge tiré de la Durance, pour les environs de Cavailion. Il con-çut alors le projet plus vaste d’en faire un qui en arrosant la plus grande partiedu Comtat, en íeroit une Province floriíïànte ; pour cela il prenoit les eauxde la Durance , au rocher de Merindol, conduifoit son canal à Cavailion,Taillades, Robion , Maubec, Qppede, Cabrieres , Sabran , Lagnes, Vau-cluse, Saumane, l iste, Velieron, Pernes 8 c Carpentras, fur une longueurde 30 milles; il eípéroit même le prolonger de Carpentras à Avignon. Mé-moire fur le projet d’un Canal pour arroser une grande partie du Comté Kenaiff n, par le fieur Brun. 16 pages in-f. avec une carte , publié vers 1768.
208. le reviens au canal d’Aix & de Marseille, qu’on appelle spéciale-ment le Canal de Provence. En 1724, les Procureurs du pays ou Syndicsde Province suivirent avec empressement le projet de ce canal ; ils le regar-doient comme le seul moyen de réparer les maux dont la Provence avoit été
affligée