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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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CANAUX EN PROVENCE, 185

Sc en lui donnant même des dimensions plus considérables que celles qui étoientportées par le devis estimatif.' Il fallut faire sauter des masses dérocher , enfaire transporter & arranger les débris. On pouvoit se flatter de voir applanir lesdifficultés à mesure que lon avanceroit; on avoit dépensé à ces travaux plusde 4^ o mille livres , ce qui, joint à dautres payemens pour indemnité ou acqui-sitions de terreins, pour frais de régie toujours trop multipliés dans ces for-tes daffaires, monta à environ 638 milles livres. Mais la contribution de 160livres ne produisit malheureusement que 565 mille livres, cest-à-dire, un peuplus du tiers de la somme de 1536000 livres quon auroit avoir , si chacuna voit satisfait à son engagement. On fut donc forcé dabandonner les travauxen restant redevable aux Entrepreneurs denviron 73 mille livres, Sc cela auMoment quon étoit le plus persuadé de la réussite. Les actions répandues dansle public par le beíoin de quelques Actionnaires, tombèrent alors en discrédit,par un agiotage quon auroit prévoir Sc éviter.

En 1755 , M. Fioquet réuni avec M. Daran, parvint à former une nou-velle Compagnie Sc à calmer les Créanciers de la précédente. En 1760 , M.de Richelieu vendit ses droits à cette nouvelle Compagnie que M. Fioquet avoitaugmentée en 1758 ,Sc cette Compagnie sollicitoit de nouvellesLettres-Paten-tes qui étendissent ses avantages, en accordant six toises de francs-bords , Sc desfrancs-bords pour les canaux de dérivation, de ne payer le terrein que trois moisaprès lestimation, de pouvoir employer les Provençaux, Sc établir des manufactu-tes. Le 2 Avril 1763, M. Idiinger Despuler, ancien Officier dans les troupesétrangères au service de France, Sc Chevalier de Saint Louis, comme chargé depouvoirs dune Compagnie étrangère , qui devoir prêter deux millions, fit untraité avec le corps Syndical de la Compagnie de M. Fioquet, mais il na paseu de fuite, M. Deípuler ayant tourné ses vues vers le Canal de Bourgogne.Cependant M. Fioquet ne ceíïoit de faire les opérations & les tentatives nécesfaires pour trouver des bailleurs de fonds; il crut les avoir trouvés en 1763 , laCompagnie régla fa forme Sc fa régie, Sc porta la division des intérêts de cetteaffaire à 216 fols dont on estimoit chacun de valeur de dix mille livres derente: on avoit alors des capitalistes en état de soutenir la reprise des tra-vaux. Mais ce toit pas la dernière fois que ces espérances dévoient être trom-pées. Fioquet dont léconomie négaloit pas les connoiflànces relatives a íbnprojet, avoit toujours cherché des avantages personnels pour subvenir auxdépenses quil faisoit. Il avoit employé des manœuvres qui avoient décon-certé les mesures de ses Co-associés. M. Daran lavoit íur-tout éprouvé, Scd avoit vu échouer ses négociations avec de riches Banquiers Anglois Sc LIol-tandois, quil avoit eu occasion de former dans ses voyages en Angleterre Scen Hollande.

21 8. Les objections de ceux qui étoient contraires au projet du Canal,paroissoient à bien des personnes mériter la plus grande attention. Suivant lavisdes Députés du Commerce en date du 21 Mai 1751, lon avoit exagéré beau-coup les produits de lentrepriíe ; la vente des eaux pour les bastides íe rédui-sit à peu de chose; il y avoit déja suffisamment de moulins; à 1 égard des

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