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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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CANAUX DE PROVENCE. 193

en coûte, faire voiturer les autres par terre, íiir-tout les péages du Rhôneaugmentant la dépense de la navigation.

La Ferme des Gabelles a le même intérêt à ce canal par les pertes qu elleessuie , lorsqu il s agit de faire passer à Arles les sels de Verre ; l'on a vu sou-vent des barques chargées de íèl, arrêtées dans le canal de Lône, par des ventscontraires, être surprises dune tempête, périr fans quil ait été possible de leurdonner du secours ; alors la ressource ordinaire des Patrons, pour se sauverdu naufrage , est de jetter à la mer le sel ou les marchandises dont ils íòntchargés ; on est même quelquefois obligé de salléger ainsi par un très-beautemps, à cause des bancs de sables mouvans qu on trouve dans le canal de Lône.

Le canal projetté fera cesser tous ces risques; il mettra le commerce à1 abri des pertes quil a soussertes jusquici, & des frayeurs que les Marchandséprouvent chaque fois quils ont un intérêt fur ce dangereux bras du Rhône ;ils recevront leurs marchandises en quinze jours de Marseille à Lyon, & en18 heures de Marseille à Tarascon; auffi la Chambre du commerce de Lyona-t-elle présenté un Mémoire au Roi, pour lui demander avec instance laconstruction du canal de Bouc.

225. M. Milet de Monviile fit des projets en 1749, par ordre de M. le Projet P ar ieMaréchal de Beiie-Iste, avec plusieurs grandes cartes très-détaillées , & desMé- c íurT n k ^moires très-instructifs & très-curieux ; il proposoit de faire le canal par le che-min le plus court, depuis le port de Bouc par le vallon de Fulconi à létangde Galajon quil traversoit pour aboutir au Rhône, 7J0 toises plus haut que leBras de fer. M. Milet plaçoit à iembouchure un sas avec deux écluses pourfaciliter en tout temps feutrée & la sortie du canal, quelque différence quily ait entre la hauteur de ses eaux & celles du Rhône. Nous verrons bien-tôt un autre projet de même espèce (229) pour diminuer f étendue & ladépeníe de ce canal. La longueur de celui que proposoit M. Milet de Mon-viile, devoit être de 11300 toises avec une profondeur de sept pieds au-dessousdes plus bastes eaux de la mer, qu on entretiendroit par lembouchure duport de Bouc ; cette profondeur seroit plus que suffisante pour les allègesde trois mille quintaux ; les plus forts bâtimens qui pastent de la mer dans leRhône n ayant jamais un tirage au-deffiis de cinq pieds & demi.

Au-destus de sept pieds deau du canal, il y aura, luivant ce projet, deux piedsde hauteur dont les eaux du canal & de la mer pourront sélever, en restantencore dun pied au-dessous des basses eaux du Rhône qui seront par conséquentde trois pieds au moins , & quelquefois de onze pieds au-destus, dans les plusgrandes élévations du Rhône.

Suivant les devis de M. Milet en 1750, la dépense totale a faire au port deBouc étoit de ^20 mille livres, Sc celle du canal de deux millions quatre centsmille livres ; la partie la plus difficile & la plus coûteuse etoit louverture deL hauteur qui est entre le port & létang de Fos.

Le déblai depuis le rivage jusquau milieu du sommet de cette hauteur, estune terre argilleuíè mêlée de cailloux, de tuf dur & de roc : suivant le calcul,ce déblai monte à 46236 toiles, lesquelles estimees a 8 livres chacune font370048 livres. C 3