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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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Produit du canal.

M, Poîlard penseíju’ilfauc le conti-nuer j usju’à Arles,

CANAUX DE NAVIGATION ,Chap. VIL

Le reste de la partie mon tueuse depuis le milieu du sommet jusqu’au pontdu Roi j où commence la plage de Fos, a íà superficie de terre argilleuse ,â l'intérieur est composé de tus. Sc de rochers formant une carrière de pierrepropre à être taillée ; on en a jugé, ainsi que de l’autre, par un certain nombrede puits creusés jusqu au-destous des eaux de la mer ; ce déblai montera àéjjói toises cubes, dont le prix moyen est estimé à 12 livres la toise, à causedes difficultés de la souille Sc du nombre des relais qu exigera séloignementdu transport; donc cette partie coûtera 810744 livres. Ainsi le déblai de lapartie montueuíè coûtera 118079:2 livres, Sc c estl'objet fur lequel tombera lefort de la dépense ; on la croyoit encore beaucoup plus forte lorsque son aban-donna autrefois le projet de ce canal. Enfin M. Milet comptoit 150 millelivres pour le íàs & les écluses à f embouchure du canal dans le Rhône. Cettedépense iroit à 3266500 livres dans le cas où l’on jugeroit devoir porterfembouchure du canal cinq milles plus haut que Saint Trophime, ou sept millesau-desibus d’Arles.

226. A i’égard du revenu, en voici le calcul d’après les recherches faites parun Directeur de la Chambre du commerce de Lyon. Il paííe annuellement par leRhône , de Marseille à Arles, pour la consommation des pays qu arrose ce fleuvejusqu’à Genève, & la Suiíîe, environ íoixante mille quintaux, Sc pour la foirede Beaucaire autour de vingt mille quintaux.

Il pafle des étangs de Berre aux entrepôts d’Arles quatre-vingt-dix milleminots de sel chaque année, le minot pelant cent livres poids de marc, ce quifait en tout cent soixante & dix mille quintaux qui remontent annuellementle Rhône.

On estime auíïï qu’il descend à Marseille, pour le compte du commerce,quatre-vingt mille quintaux pesant, non compris les bois pour la Marine duRoi Sc les munitions de guerre ; ainsi la totalité du transport qui íè fait par leRhône est, selon ces relevés, de deux cents cinquante mille quintaux.

Par les recherches faites íìir les registres de l’Amirauté Sc de la Marine àArles, il parut que l’Entrepreneur du canal ne pouvoit compter que íur deuxcents cinquante mille quintaux, qui, à quatre fols de droit, ne produiroientque cinquante mille livres, Sc déduisant 20 mille livres pour l’entretien Scla régie, il ne restoit pas le quart de l’intérêt du capital, comme on l a vu parxapport au Canal de Languedoc (151).

Mais aussi M. Milet pensoit que la facilité du commerce pourroit doublerun jour le pafíàge des marchandises, K que le produit des moulins , desmarais desséchés, de la pêche, des plantations, augmenteroit le revenu ; cepen-dant tout cela ne íuífisoit pas pour que M. de Belle-Ifle pût i’entreprendre, àmoins que le Roi ne voulût y entrer.

227. M. Pollard, Inspecteur général des ponts & chaussées, fut chargé en175° d’aller faire une visite fur les lieux ; il jugea que ce canal devoir êtrecontinué jusqu’à Arles, fans quoi il resteroit toujours tous les inconvéniensque la navigation éprouve de Saint Trophime jusqu’à Arles ; savoir, les naufra-ges fur les attérissemens ; les allèges qu il faut aux tartanes pour passer à la