Buch 
Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
Entstehung
Seite
290
JPEG-Download
 

Canal de Ver-sailles à Sevre.

Canal de V er ‘failles à la Loirei

MARNE, SEINE.

amenée, ce quì rendoit le canal impoíîìble : enfin que les Magistrats compo-sant la grande Police de Paris, avoient rejette le projet dune voix unanimepar délibération du 2.0 Juillet 1730.

373. Je ne fais si toutes ces raisons contribuèrent autant que la dépense àéloigner le projet; mais je vois qu’en 1757, lefieur Ducasse, Avocat en Par-lement , intéressé dans les affaires du Roi, préíenta un nouveau Mémoireà M. le Contrôleur général, dans lequel il dit, que fans la mort du Che-valier Daudet, le canal seroit terminé ; il ajoute qu’ayant eu toutes les opéra-tions faites jusqu alors, il s'est affiiré par lui-même des faits , qu il s’est for-mé une Compagnie, pour faire toute la dépense, íàns qu il en coûte rienau Roi ni à la Ville. Enfin qu’on ne fe servira point des eaux de la rivièrede Crou, qu’on ne préjudiciera jamais au trou provendier, Sc qu’on termi-nera i’ouvrage dans quatre ans.

Le tarif proposé par M. Ducasse étoit de dix-huit sols par millier demarchandises encombrantes ou de grand volume, quinze fols par muid de vin ,quarante-deux fols par muid de bled, trois livres par muid de sel, &c. dixsols par bateau à chaque écluse, cinq livres pour l’azyle des bateaux chargés.

Suivant i’extrait des dépouillemens des Domaines Sc Barrages de 1724, iltrouvoit par année 6000 bateaux grands ou petits qui doivent passer íur lecanal de Saint Denis, avec un produit de 971 mille livres par année ; si ceproduit étoit réel, il dédommagerait amplement les Propriétaires íàns être fortonéreux au commerce.

Le canal de Paris à Saint Denis coûterait beaucoup moins que celui dela rivière d’Ourcq dont nous avons parlé (3 39) ; mais il n’auroit pas autantdavantage pour fournir de seau à cette grande ville.

374. Il fut question dans le dernier siècle, de former une communicationde Versailles à Paris, en tirant un canal de Versailles jusqu’à la Seine versSevre. Ce projet a été renouvelié encore en 1741 par un nommé Croiser,dans un Mémoire présenté au Ministère.

Le canal étant ouvert au petit Montreuil près de Versailles, irait à l’é-tang de Pierray à ceux de Porchefontaine, Sc passant fous l’avenue de Meu-don Sc à Viroflay, pour rasiembler les eaux de Chaville Sc du Parc, côtoye-roit le chemin de Sevre jusqu’à Doiíu, où il seroit fortifié par une sourceabondante Sc un étang, qui sont dans l’enclos de cette maison, delà pastàntderrière le village & la paroiíïè de Sevre, Jl se joindrait à la Seine.

Mais comme il y a 363 pieds de chûte depuis la cour de marbre du Châ-teau de Versailles jusqu’à la rivière prise à Sevre, il aurait fallu un si grandnombre d’écluses qu on ne fut pas tenté d’adopter une pareille proposition,quoique le sieur Croiset ne fît monter la dépense qu’à 6o8 mille livres.

375. La communication de Versailles avec la Loire, étoit bien plus dis-pendieuse Sc plus difficile, cependant l’extrême envie que Louis XIV avoitde fe procurer des eaux à Versailles, donna lieu à cette idée , de la part mêmede M. de Riquet, que fa réputation fit consulter sur tous les grands projetsde canaux ou d’aqueducs. Il avoit vu que la Loire avoit beaucoup plus de