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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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Zo8 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XII

Bray & Corbie , íur une longueur de 50 milles , Sc une pente de 90 pieds ;cette rivière n ayant presque point de bords, Sc noffrant dans une grande par-tie de son cours quune longue chaîne détangs, on ne pouvoit y établir unenavigation réglée ; on lavoit prévu même dans TEdit de 172 5 , Sc M. Crozat§ en étoit occupé ; mais il n y avoit rien eu de fait à cet égard.

M. Dupleix de Bacquencourt, étoit Intendant de Picardie en 1768 ; il étoitplus en état que personne de sentir simportance de cette entreprise, Sc denprocurer iexécution; il fit examiner Tétât de la Somme par M. Laurent en1768 Sc 1769 ; on trouva qu une dépense de douze cents mille francs p our-roit íhflîre pour ce canal. Il engagea M. le Duc de Choiseul, M. Ber tin, ScM. lAbbé Terray, Contrôleur général, à se prêter à cette entreprise : il ob-tint à Cet effet des Arrêts du Conseil le 18 Mai ,1770, & il fit mettre aussi-tôt la main à Tœuvre.

Avantages de ce qvy. Les avantages principaux de ce canal étoient: 1°, la circulation Sc

cana. Texportation des grains, & autres denrées, des vins , bois, charbons de terre,

Scc. il passe par la rivière de Scarpe environ 1200 bateaux par année, quoi-qu elle ne forme qu un cul-de-sac dans ses deux extrémités, Aire & Valen-ciennes ; on peut juger par- de la navigation de la Somme quand elle com-muniquera avec la Scarpe, avec la Seine, Sc par ce moyen avec la Loire: 2°,les transports relatifs au service militaire , soit lorsqu en temps de guerre , ilsagît de faire passer des trains dArtillerie, Sc des munitions de guerre fur lescôtes Maritimes, en les faisant descendre par la Somme , soit quand il saut lesfaire transporter en Flandre pour nos Armées, comme en 1744 , les secourstirés de la Picardie avoièn t occasionné des frais immenses de transport ; 3 0 , lesmunitions de bouche de toute espèce , que la Normandie Sc la partie maritime dela Picardie produisent en abondance, Sc qui jusqualors riavoíentpu se transpor-ter que par terre avec beaucoup de frais ; 4°, celles de la Flandre versées enPicardie ; on comptoir un profit de cent mille écus par année fur le seul char-bon de terre venant du Hainaut François; car cent mille francs de charbon encoûtoient quatre cents mille pour le transport, & en le faisant par eau , ils necoûteront que cent mille francs.

y°. Enfin on avoit besoin de cette réparation pour le dessèchement duterreinqui étoit presque par-tout marécageux, & peu propre à la culture ou au pâturage*

M. Dupleix trouvoit dans la Picardie un octroi établi depuis 30 ans, à Toc-casion dun emprunt fait dans la disette de 1740, il consistoit en 20 sols surchaque velte deau-de-vie dans les six Elections dépendantes de la Généralitéd'Amiens; fur le produit de cet octroi, qui est denviron 150 mille livres paran , on avoit réservé cent mille livres chaque année depuis dix ans pour laconstruction d'une Intendance , de quelques fontaines publiques, &c.

M. Dupleix commença par un corps d'écuries complet, pour le service dela Compagnie des Gardes du Roi, Sc parce que le bien public Toccupoit plusque ses agrémens personnels, il voulut quon suspendît le projet de f Inten-dance , Sc que cet octroi fût prorogé pendant douze ans pour la constructiondu canal de la Somme.

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