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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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CANAUX DE

transport réciproque des marchandises entre plu-sieurs provinces qui n'avoient auparavanc quepeu de commerce les unes avec les autres. Cestà quoy ont heureusement travaillé ceux qui ontentrepris & construit depuis quatre ans en çà, uncanal depuis ladite riviere de Loire jusquà nôtreville de Montargis , la riviere de Loing quitombe dans la Seine commence dêtre navigable,puisque par le moïen dudit canal toutes lesmarchandises & denrées que produisent les pro-vinces dAuvergne , Forests , Bourbonnois ,Berry, Tourraine, Anjou, & les autres que lariviere de Loire va arroussant, même celles quivenoient dItalie, Provence , Languedoc &Lyon, par la voye des Bouliers & Mulets,pourront dorénavant être transportées en nôtrebonne ville de Paris & lieux circonvoisinsjusquà la mer, avec moins de frais & plus defacilité pour les Marchands, & avec moins dehazard & plus de commodité pour les marchan-dises, lesquelles passeront en plus grande quantitépar eauë que par terre, & seront auffî moinsgâtées & corrompues. Ce quaïant été prévu& considéré par le d estent Roy nôtre très-honoréSeigneur & pere que Dieu absolve, il auroitjugé ce canal un ouvrage très-utile pour lepublic, & une entreprise digne de son soin, soità cause de la longue étendue diceluy, de ladifficulté des pays Sc montagnes quil traverse, dugrand nombre décluses, déchargeons, bondes Scniveaux, conduites & retenuës deauës nécessai-res , afin den fournir suffisamment ledit canalpour la navigation, soit à cause de la grande dé-pense quil convenoit faire pour faire & parfaireces ouvrages , & pour les entretenir cy-après.

Toutefois nonobstant ces difficulcez& dépense,ledit canal a été depuis quelques années cou-rageusement entrepris par quelques Particuliersde nos sujets qui se sont unis & associez pourcet ester, Sc dans un rems auquel" la guerreleur donnoit sujet de ne se pas engager en unetelle entreprise , quaux dépens du public ,Pont néanmoins par une généreuse résolutionmis en fa perfection à leurs propres coûts &dépens, fans quil ait été fait fur ce sujet au-cune levée ny imposition sur nos peuples, Sclan s que notre épargne en ait été chargée jusquesicy, en forte que lon a plusieurs batteaux char-gez de diverses marchandises, bascules à poissons& trains de bois venus de Roanne, dAuvergne ,de Tours, dAngers, & autres lieux , aborderaux ports de nôtredite ville de Paris avec grande*joïe ôc admiration dun chacun.

Lorsque cette affaire nous fut proposée par def-funtMe. Guillaume Bcuterouë Sc JacquesGuyon,qui pour tous nosdits Sujets associez sétoientprésentez en nôtre Coiaseil, Nous leur limes donde la propriété dudit canal avec cette faculté :quautres ne pourroient voiturer des marchan-dises fur iceluy que ceux qui seroient par euxétablis pour cet effet, moïennant les droits devoiture, de péage Sc déclusées portez par nosLettres-Patentes en forme de charte du mois deSeptembre mil six cent trente-huit. Mais depuisle décès desdits Bouterouë & Guyon qui sé-toient chargez de Tordre Sc œconomie desdi-tes voitures, nosdits Sujets Propriétaires du ca-nal ont trouvé divers inconvéniens à les conti-nuer préjudiciables à eux & au public , procé-dans la plupart de la malice & infidélité des

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voituriers qui nont pas le foin nécesiaire desmarchandises quils rendent à Paris mal con-ditionnées Sc quelquefois en moindre nombre Scquantité quelles ne leur ont été délivrées, em-ploient plus de te ms quil ne faut pour la conduitedicelles depuis Briare jusquà Paris, & pour évicerla peine de leur négligence & malice, demandentau contraire de plus grands salaires que leurs mar-chez ne portent, abandonnent les batteaux des-dits Propriétaires à my chemin en les remontant,& se retirent après avoir été païez de leur voilage ,dissipent ou emportent les voiles, cordages, &autres ustenciles, pour raison de quoi lesditsPropriétaires se sont trouvez chargez duneinfinité de procez contre lesdits Voituriers, Com-me aussi contre les Marchands qui de leur partont quelquesfois fans raison prétendu leurs mar-chandises avoir été amenées mal conditionnéespour éviter le paiement des droits attribuezsusdits Propriétair s, joint que le changementde batteaux à Briàre, Ton décharge ceux de lariviere de Loire dans ceux du canal, ne íe peutfaire fans quelque tare a plusieurs fortes de mar-chandises, comme le charbon , verres, porteries,faïance, vin, huile, & antres, outre que nese rencontrant pas quelquefois nombre suffisantde batteaux à Briare, il faut que les marchandisesdemeurent fur le porc ou dans les magasinselles se peuvent altérer. Tous lesquels incon-véniens ont obligé des" Marchands à requérirdiverses fois lesdits Propiétaires de laisser passerdebout fur ledit canal leurs marchandises en leurpaïant une certaine somme pour chaque centpesant pour les marchandises au poids, & à pro-portion pour celles en compte & en nombre,pour & au lieu desdits droits de péages , déclu-íee, & de voiture mentionnez dans les susditesLettres-Patentes. Sçavoir faisons, que mettansen considération avec futilité & commoditépublique celle desdits Propriétaires, que Nousvoulons favorablement traiter autant quil nousest possible , dans une entreprise si importante &de si grande dépense, laquelle il leur convientencore continuer pour mettre cet ouvrage enplus grande perfection , & sçachans que legain quils croioient se devoir faire sur lesvoitures des marchandises, étoic la principalepartie du fruit quils espéroient recevoir de leurstravaux, & des grandes sommes employées &à employer en cette affaire, les droits de péageSc déclusée nétans pas presque suffisans pourJes dépenses de Pentretenemenc dudit canal,gages & appointemens des Commis à 1 entrée& sortie dicelui, & Gardes des étangs, écluses,& levées, pour conserver les ouvrages Sc leseauës, ouvrir & fermer les écluses, lever lespales, & faire toutes les choies néceflaires pourcette navigation artificielle.

A ces causes, Sc après nous etre fait repré-senter en nôtre Conseil nosdites Lettres-Patentesen forme de charte , du mois de Septembremil six cent trente huit, dont copie est cy-atta-chée sous le contre-Scel de nôtre Chancellerie.De l avis diceluy, & de nôtre certaine science,pleine puissance & autorité Royale.

Nous avons dit & déclaré, disons Sc déclaronspar ces présentes signées de nôtre main. VoulonsSc Nous plaît, que nonobstant que par icellesnous ne permettions qususdits Propriétaires,ou plutôt aux personnes par eux établies, de

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