CANAUX D’ITALíE ET D’ESPAGNE. 4 Ôrnombre de canaux particuliers , qu il seroit inutile d’entrer ici dans des détailsplus étendus, & qui n’intéresseroient que foiblement les étrangers. Il est d’ail-leurs inutile de faire 1 énumération des canaux dans un pays où ils ne présententaucune difficulté, où l’on n’apu se dispenser d’en faire de tout côté, & où onles multipliera sans doute, à mesure que lemulation A le zèle du Gouverne-ment ou l’activité des habitans augmenteront.
60 4. A Rome, on s’est occupé íouvent du projet de rendre le Tibre navi- Navìgaâôn dagable, depuis Pérouse jusqu a i’embouchure de la Nera, d’où la navigationcommence à être libre jusqu’à la mer. MM. Bottari & Mansredi ont donnéun rapport très-intéressant de la visite qu’ils avoient faite íur le Tibre en 1732.
Ils établirent dans ce rapport, comme un principe d’expérience, que pournaviguer commodément íùr une rivière quelconque, principalement en remon-tant, il ne falloit pas quelle eût une pente plus grande que celle de troispalmes Romains (a) par mille; & comme la chûte du Tibre est de 8 ou 9 pal-mes, ils estimèrent qu’il seroit très-difficile d’y conduire les bateaux, & encoreplus difficile de remonter contre un courant aussi rapide. Il y a même quel-ques endroits ou la pente est plus grande , & où coníequemment la rivièreseroit toujours impraticable. Ils firent sentir aussi les difficultés & les dangersqui se rencontraient dans les différens expédiens que l’on avoit proposés, demodérer la trop grande pente par quelques écluses de traverse, de faire en-lever à main d’homme les pierres détachées, de faire sauter, par le moyen desmines, les rochers que l’on rencontre, & de perfectionner en quelques endroitsle lit de la rivière en le changeant, le resserrant, ou l’élargisiànt.
6oy. Après avoir montré la difficulté de rendre le Tibre navigable dansion propre lit, ils examinèrent dans ce même rapport, si l’on pourrait tirerun canal d’une largeur & dune profondeur íuffiíàntes pour des barques pro-pres au commerce : mais après avoir observé la qualité du terrain par lequelil faudrait conduire ce canal, les sréquens passages qu’il faudrait faire d’uncôté à l’autre de la rivière , la quantité des digues, des écluses & autres tra-vaux qui feraient nécessaires pour assurer la navigation contre tous les incon-véniens, & íur-tout ceux des grandes eaux ; les Auteurs eux-mêmes conclu-rent que cette entreprise devoit être regardée comme étant d’une très-diffi-cile exécution, & conseillèrent de l’abandonner. On s’est contenté de penser àrendre navigable le Tibre dans Rome, suivant ce qu’avoit proposé l’IngénieurChiesa dans ion rapport imprimé en 1745.
Eustache Mansredi nous a laissé par écrit dans ce rapport, diverses chosesqui peuvent servir de règle dans les cas semblables, & en général pour lescanaux navigables ; on peut voir aussi Guglielmini dans le Chapitre XII e íùrla nature des rivières , Bélidor dans le quatrième livre de ion Architecturehydraulique, & le P. Frisi, qui donne à ce sujet & des principes & des observa-tions tirées de l’expérience que lui ont fourni les canaux de Milan
606. IIparle sur-tout des digues qui, traversant le lit d’une rivière, sor- ^digues auxcent une portion de ses eaux à emboucher constamment 1 ouverture d un canal: ^
(a) Le palme Romain est de 8 pouces 3 lignes du pied. de Roi.
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