CANAUX DES PAYS-BAS, à yoz
Un terrein d un morgen de superficie coûte 12 à 13 livres par an, pour ladépense des moulins nécessaires à les dessécher; c est le quart de ce qu il rap-porte communément.
688. Tous les canaux de Hollande font bordés par des digues qui font desti-nées à garantir le pays des inondations , ou à l’inonder pour le garantir desennemis. Le long des digues on établit des milices, des magasins de sûreté dansles villages, 8 c des hommes charges daller avec des charriots, des pierres, dufumier, rétablir les endroits endommagés ; au coup de cloche, Klok stage , ouquand les eaux font à onze pieds sept pouces au-dessus du Peil (678), chacun ferend à son poste ; chaque maison, ou chaque famille a une partie des diguesqui lui est assignée pour travailler aux réparations ; on couvre les digues detoiles, 8 c de pierres, fur-tout vers Sparendam, quand on est menacé de déborde-mens ; il en arrive en général à-peu-près tous les deux ans.
Vers Helder dans le Tessel, la mer a 100 pieds de profondeur près des di-gues, 8 c en ruine les fondemens ; on íèra obligé de les reculer, quoiqu’ellesayent coûté des sommes immenses.
Du côté de Peten fur la mer du Nord , on est obligé d’avoir trois digueslune en avant de lautre , dont Pextérieure est enlevée chaque année par Pèsefort de la mer, qui depuis 2y ans a déja gagné 2 à 3 milles.
Il y a trente ans que dans la Zélande, & la Nort-Hollande , les vers avoientconsidérablement endommagé les digues, M. Martinet & M. Nauzeman enont parlé dans les Mémoires de PAcadémie de Haarlem ; cela oblige de renon-cer aux pilotis, qui Tailleurs font prodigieusement chers. Il y a un million depilotis autour de la Frise, ils coûtent six francs chacun, Sc ne durent que 2y à30 ans ; c est une ruine pour cette Province, quin’a pas trente milles de longueur.
689. Le Lek , qui va d’Utrecht à Rotterdam , a haussé de quatre pieds de-puis 2y ans , parce que les digues étant trop voisines , le lit est trop étroit, 8 cfe comble trop-tôt; cependant les digues ont déja 24 pieds de haut, 8 c le ter-rein est trop foible pour soutenir une élévation beaucoup plus considérable.
A la fin du treizième siècle, l’Ye étoit séparé du Zuiderzée, Ane commu-niquoit qu avec les lacs de Nort-Hollande.
690. On a vu ci-dessus (661), & íùr-tout à Poccasion de la mer de Haarlem(677, 680), que la situation des Hollandois devient continuellement plus cri-tique , 8 c l’on peut juger par tout ce qui précède, combien il faudra aux Hol-landois d’activité s & de richesses , pour fe défendre des progrès de la mer, quiles menace d’une submersion presque entière ; on seroit tenté de regretter quetant d Industrie, & de courage ne se soit pas exercé fur ces immenses territoiresde P Asie 8 c de P Amérique , où la nature ne refuse rien, & où Part produiroitde si grandes choses. Mais c’est le besoin qui a fait naître Pindustrie ; ce font lesdifficultés qui ont fait éclore les ressources ; c’est l’amour de la Patrie qui feratoujours préférer la peine quelle occasionne à la tranquillité, & aux commodi-tés d’une terre étrangère.
691. L’Angleterre paraît avoir été séparée des Pays-Bas (6y6), mais elleest beaucoup plus haute ; les canaux y font par conséquent beaucoup plus