RUSSIE, TURQUIE. ^ '
Russie, & par tin chemin de plus de 1500 milles, depuis ia mer Baltique jus-qu a la mer Caspienne, &-dans la Perse.
Au reste, de si grandes entreprises ne font véritablement utiles que dans lespays très-peuplés, où l’agriculture & le commerce font dans toute leur activité ;mais Catherine II, est bien digne d'étendre ses vues jusques-là.
y y 5 * H communication de la mer Baltique Sc de la mer Caspienne étant for» canal da Dcamée, il ne s’agissoit'plus que de letendre au Tanais, pour y réunir là mer Noire, ^ V ° lsa *PArchipel Sc la Méditerranée. Seleucus Nicanor (816) Sc ensuite Sélim II,
Empereur des Turcs, avoit déja entrepris cette réunion des deux mers (757) ; demême qu’un Prince de la Tartarie Crimée. Le Don ouTanais que les Tartaresappellent Tuna ou Duna, étoit regardé par les anciens , comme faisant la sépa-ration de l’Europe Sc de l’Asie ,il approche tellement du Wolga, que lè moin-dre éloignement des deux fleuves n’est que d’environ 2 y milles; si l'on rendoitnavigable la Hawla ou Ilawla, l’un des affluans du Don, & le Gamisehinka oUKam.yízinka, qui se jette dans le Wolga près de Petergorod, cet éloignementne seroit que de quatre îersts ou de deux milles ; de manière que pratiquantun canal dans ce petit espace , on réuniroit ces deux fleuves. Voye^ Peíry,
Weber, Muller , Samml. Rujsicker Geschichten^ T. VII, Lepechins Tagbuckder Reisen durch Verschiedene Provimyn Von Rusland , 1768. On peut voiraussi le dessein qu’a donné M. Forster dans les Transactions philophiques do1768, du pays depuis Donskaja juíqua Tsaritsin. Un Anglois nommé Jean Fer-ry, proposa ce projet au Czar, & il fut commencé vers Dmitriewsk. Buschino-dit que Pierre I trouva l’exécution difficile ; d autres disent que ce canal étoitpresque sini en 1707, mais qu’on la négligé; Strahlemberg dit qui 1 ne fut pasachevé ; on en trouve une carte dans l’ouvrage de l’Amiral Cornélius Cr'uys íùrle fleuve du Don, suivant laquelle le canal entre ffiafla &leCamasinka, nau-roit que 8 mille toises. On le voit dans la Carte Méridionale de ia Moscoviepar de i’IÍIe , entre 64 degrés y o minutes, Sc 6 y degrés 32 minutes de longstude, à y o degrés 24 minutes de latitude. Il méritoit bien d’être connu ; aussiil y en a une carte, gravée en 1699 & en 1703 ; ce canal est encore repré-senté dans la carte d’Europe de M. d’Anville, à yo degrés de latitude 8c 64degrés de longitude auprès de Dmitrowsk ou Dmitriewsk , mais on n’en a pasfait mention dans l’Atlas de l’Académie de Petersbourg. Dans la carte de M.de l’Ifle , on voit une communication semblable au-dessous de Zari, dans f en-droit appellé Pere voloc ; elle avoit été véritablement entreprise, mais ony a renoncé.
j y 6. Ce projet de canal entre le Don Sc la Volga , a pahi mériter d etre reprisdepuis les guerres entre ia Russie & ia Turquie en 1766. L’Impératrice de Rusfie , dont le génie n'étoit point arrêté par les obstacles, s’en occupoit sérieuse--ment, Sc ce canal a coûté la vie à M. Lowitz, habile Astronome, l’un de ceuxqui avoient été envoyés par l'Académie des Sciences de Petersbourg, pour ob-server le passage de Vénus fur le Soleil en 1769 : voici ce que nous en dit M.
Bernoulli dans le premier cahier de ses Nouvelles Littéraires , publiées à Berlinen 1776. ( A Paris chez Valade).
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