CANAUX ANCIENS EN ASIE. ^
Tune de fautre de plus de 2^0 milles. L’Euphrate coule à f occident, le Tigreà f orient ; & le pays qui est renfermé entre ces deux fleuves vers le milieu deleur cours est la Mésopotamie. Ils se joignoient ensuite par différens canaux, quiarrosoient f ancienne Babylone ; réunissant enfin leurs eaux, ils ne forment qu’unfeui lit par lequel ils vont se rendre dans le golfe Persique ; mais avant que d'yarriver, ils forment fille qui se nommoit autrefois Mésène, Sc que l'on appellemaintenant Chaden
Ce pays ayant été fournis à différens maîtres, à éprouvé plusieurs change*mens ; mais le reflux de la mer, qui est fi violent Sc qui se sait sentir à plus de70 milles dans fEuphrate, Sc le débordement des deux fleuves ne contribuèrentpas moins à ces changemens, par la fuite des temps, que le Gouvernement íùo~ceífif des Assyriens, des Babyloniens , des Perses , des Grecs , L même desCalifes. Les Rois de Babylone eurent très-anciennement le projet de joindre leTigre avec fEuphrate, ( Euíèbe, Prœp. Evang. IX. 41.). Trajan , Septime SevereSc Julien , s’en occupèrent également. Voye^ M. Oberlinyp. q^. Il paroît qu’ily eut en effet un canal de 2 y milles, par lequel fEuphrate fut détourné vers lemidi dans le Tigre vers SéleUcie ; un vers Apâmée , Un autre vers Ctésiphon ,nommé Nahar-Malcha (786). De tous les canaux qui portoient les eaux dans leTigre & dans divers lacs , il n’y avoit que celui qui traverfoit Babylone qui fûtnaturel, c’étoit le véritable lit du fleuve. Quelques-uns de ces canaux ne furentcreusés d’abord que pour remédier aux débordemens qui ruinoient les cam-pagnes ; le nombre en fut depuis augmenté pour arroser les terres : ce futdouble avantage que Nabuchodonofor íe proposa en entreprenant ces travauxqui lui méritèrent tant de gloire. La situation du pays les rendoit absolument né-cessaires : le lit de fEuphrate étant plus élevé que celui du Tigre,lorsqu il venoità déborder , sa pente naturelle f emportoit par les ouvertures qui se présentoientdans lé pays plat des Babyloniens, Sc après savoir inondé, il tomboit dans leTigre qui n’en étoit pas éloigné & dont le lit étoit fort bas. C’est pourquoi cepays,qui autrefois étoit couvert d’eau, a reçu le nom de mer, comme on le voiepar un ancien fragmentd’Âbydène rapporté par Eusebe. Ce sut cette dispositionde fEuphrate à f égard du Tigre qui arrêta Trajan dans f entreprise qu’il avoitformée de conduire un canal d’un de ces fleuves à f autre , (Diod. LX VII. )afin d’y transporter ses vaisseaux pour faire un port fur le Tigre,commeonlevoitdans Tillemont ; mais il s’en désista parce qu’il craignoit que íe courant n’en fûttrop rapide 1 crainte mai fondée comme nous le verrons bientôt.
Le soûl moyen de remédier à ces débordemens étoit donc de faire des cou-pures ou tranchées, comme l’on avoit fait en Egypte pour le Nil, Sc la terre dela Babylonie étant grasse Sc molle, s’y prêtoit aisément ; mais il falioit les en-tretenir ou les renouvelles souvent ; car seau dégradant & entraînant la terrecombloit les canaux, Sc le débordement recommençoit. Strabon , L. XVI. p.740 de sédition de Cafàubon.
784. Les Arabes de leur côté penseront à détourner les eaux de fEuphratepour arroser leurs terres sabloneuses Sc arides. Ils avoient creusé à cet effetle canal nommé Pallacopa , qui en détournant son cours & le conduisant dans
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