CANAUX ANCIENS EN AFRIQUE. 555seule ville , il est aisé de penser que les Egyptiens formèrent le projet de réunirles deux mers. Ils étoient capables des plus grands travaux, comme le prouvela construction des pyramides 5 & exercés à remuer la terre comme il paroît parles canaux ff Egypte, ils durent donc penser à joindre la Méditerranée à la merRouge. Ils étoient d’ailleurs trop clair-voyans fur leurs intérêts pour avoir né-giigé un moyen dont ils dévoient retirer tant de profit. Aussi fit-on en diste-rens temps plusieurs efforts pour exécuter ce grand dessein.
Jos. Scalsser en parle ainsi dans son discours de la jonction des mers, dudessèchement des marais & de la réparation des rivières, à la fuite du livre in-titulé - Jos Jufli Scaligeri Juliì Cœsaris h. Burden flii opufcula ante hae nonedita , Parisiis 1610. in- 4 \ pag. 541. « Un isthmos ou détroit de terre, large de» trente-deux lieues, ou cent vingt-cinq milles * sépare la mer d Egypte d avec» s Arabique, depuis la ville de Damiete, située íur la frontière d Egypte jusques» au Sués port de la mer Rouge; ce détroit coupe, toute 1 Afrique feroit une» isie , là où aujourd’hui elle est péniiisule, liée avec l’Asie par ce détroit ; mais» cela' est plus aisé en théorique qu’en pratique ; car ce détroit est dans le désert» d’Egypte , tout couvert de sable , volant tantôt plus , tantôt moins , selon» les vents qui Tentassent & le remuent. Et posez le cas que la tranchée se peut,, > malcrré tous les fables , fi est-ce que la sosie étant
» faite en peu de temps elle feroit comblée de saole ; 1 entreprise donc en estvaine , & le premier moyen n’a point de lieu pour saccident , à savoir à„ cause des sables. Ce que considérant un des plus anciens Rois d’Egypte„ nommé Sésostris, lorsqu’il fut conseillé de joindre les deux mers, il se dé-» porta du premier moyen , & eut recours au second , le pratiquant à l'endroit» où le Nil n’eíl distant de la mer Arabique que de íoixante-deux milles.i) revenant à seize lieues communes. Aristoteles en la fin du premier livre des« Météores, & après lui Strabon, puis Pline, disent que ce sut Sesoílris commen nous avons dit. Hérodote , plus ancien Auteur, le nomme Psammitichus , quin régna long-temps après Sésostris. Soit Sésostris ou Psammitichus, il ne fit» qssentamer la besogne , & ne la poursuivit point : comme long-temps après„ le rrrand Darius, fils d’Hydaspes, Roi d Asie & d Egypte, poursuivant 1 œuvre>, abandonné par Psammitichus, n’en vint pas a bout ».
En effet, suivant Hérodote (L. II ) , il Y avo.t dans la plaine d Egypte uncanal tiré du Nil au-dessus de la ville de Bubaste, & au-dessous dune mon-tage qui alloit du côté de Memphis. Ce canal s’étendoit fort loin d Occidenten Orient ensuite il rabattoit au Midi & se rendoit dans la mer Rouge. Necus,Necos ou Nechas, fils de Psammeticus qui régnoit 616 ans avant J C. avoit lepremier entrepris cet ouvrage, dans lequel il avoir péri lao miUe hommes &il savoir abandonné sur la réponse d’un oracle; mais Darius,fils dHystaspe.Ro,de Perse, jai ans avant J. C. savoir achevé ; il étoit de quatre journées de na-vigation , 8 c deux galères pouvoient y passer de front.
Diodore attribue aussi à Necus l’entreprise du canal, (L. I ). Mais il ajoute
. L'isthme de Suez , , milles fin»» W*, de M. Bellin . Tome III. & filiwnç U Carte de
M. d’Anville /mais la distance par mer feroit de 220 degres, chacun de 57 mille toises.