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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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55* CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XXII.

quil communiquoit à lembouchure Péiuíìenne , cest-à-dire, à la brancheplus orientale du Nil ; que Darius le laiííà imparfait, parce que des Ingénieurs luireprésentèrent que la mer Rouge étant plus haute que f Egypte, elle sinon-deroit ;& selon cet Auteur, louvrage ne sut achevé que par Ptoiémée-Philadeiphe(280 ans avant J. C.) Il dit que ce fut pour cette raison que ce canal fut appellecanal ou rivière de Ptolémée, & que ce Prince avoit fait bâtir à son embouchuredans la mer Rouge une ville quil nomma Aríinoé du nom dune íòeur quilarmoit, 8 c que lon pouvoit ouvrir ou fermer le canal selon que cela étoitnéceííàire pour la navigation.

Strabon, en saccordant pour le reste avec Hérodote , & Diodore diffère ce-pendant du premier en ce quil fait commencer au bourg de Phacuíà le canalquHérodote fait partir de Bubaste ; Strabon dit quil avoit 100 coudées de lar-geur, & que íà profondeur íuffisoit pour de grands vaiílèaux. Strabon, L. XVII.page 8oy.

Première: entre- 804. Pline en parlant de ce canal qui devoit joindre les deux mers , dit qu il

pnse e esostns. ^ commencé par Séíostris ou Seíàc, qui régnoit en Egypte 970 ans avantJ. C. près de Bubaste , ( L. VI. C. 29, 33 ; ) il devoit, selon lui, entrer dans lamer Rouge, ad Daneum portum. Il dit eníuite que Darius y travailla aprèsSésostris,de même que Ptolémée II,après Darius, & il ajoute que ce dernier fitconduire le canal jusquaux fontaines amères, mais quil cessa dy faire travaillerayant reconnu que la mer Rouge étoit plus haute de trois coudées que le foldEgypte.

Aristote dit de meme qu un Roi dEgypte avoit eíïayé de tirer un canal de lamer Rouge au Nil,lequel auroit été dune grande utilité, (Meteor. L. I. C. 14.)que Séíostris pafldit pour le premier qui leût tenté ; & que la mer Rouge étantplus haute que la terre dEgypte, cétoit la raiíòn pour laquelle Séíostris & Da-rius avoient abandonné cet ouvrage.

Que le canal ait été ouvert ou conduit jusquà la mer Rouge , cest ce dontlautorité de Strabon (L. I. & XVII.) ne nous permet pas de douter ; cet Au-t teur même feroit croire que louvrage avoit été achevé avant Séíostris. Quelques-uns ont cru que Ménélas, après la ruine de Troye, étoit entré en Ethiopie entraveríànt un canal creusé dans listhme qui sépare la mer Méditerranée de lamer Rouge ; mais quel que soit le Prince qui ait conduit louvrage à íà fin, il estbien sûr quil a été terminé. Strabon , en parlant du canal qui commençoitselon lui à Phacuíà, ajoute quil íe terminoit au golfe Arabique. De plus, dutemps de Strabon, les Marchands dAlexàndrie trouvèrent une iíîùe du Nil dansle golfe Arabique pour aller delà dans lInde. (Str. pag. 804 & 805.) Quand ilraconte lexpédition que fit dans lArabie dEiius Gallus, le premier Gouverneurde lEgypte pour les Romains, il dit quil fit construire des vaisseaux à Cléopa-tris proche dun ancien canal dérivé du Nil. Or cette ville de Cléopatris est lamême quArsinoé. Si donc le canal avoit été conduit jusquà Aríinoé, il de-voit se rendre nécessairement dans la mer Rouge. II ny a de difficulté que furle point commençoit louverture de ce canal; les uns lont mis à lembou-chure Pélusiaque, les autres à Phacuíà ou à Bubaste. II est constant, suivant le

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