CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XXIII.
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CHAPITRE XXIII.
Anciens Canaux dans la Grece SC les pays circonvoijins •
Canal de ia Cher- 8ld. S e l e u c u s - Nicanor avoit formé le projet de joindre la mer Caf-sonese. pienne avec la mer Noire (755) , lorsqu il sut assassiné par Ptolémée-Ceranaus.
{PlineVI.12.) Selirn II, Empereur des Turcs,eut la même idée, & voulut joindrel’Araxe avec quelque fleuve de la Colchide (757) ; mais on ne fait rien de po-sitif fur l’entreprife de Ptolémée ; ainsi nous nous bornerons pour la mer Noireau canal de la Cherfonèfe. Les Phéniciens avoient fait de tous les temps descourses dans la Cherfonèfe Taurique au rapport de Lucien , ( Toxar. ) Celarendit ces peuples commerçans ; ils faifoient presque tout le commerce de lamer Noire, & quoique du temps de Pline la Cherfonèfe Taurique,aujourd’huila Crimée, ne fût pas trop connue du côté du Nord, (L. II. C. 67.) & que l’onignòrât si les Palus-Méotides ou la mer d’Azof étoient un golfe de la merNoire , ces Palus ne laissèrent pas de fournir par la flûte aux Cherfonites unebranche de commerce importante avec les Indes. Les marchandises leur ve-noient d’Astracan ( suivant M. Huet, Comm. & Navig. des Ane. ) par des ca-ravannes ; elles y étoient apportées par la mer Caspienne , qui les recevoit desIndes par le fleuve Oxus ; & quoique les Tartares ne consommassent pas beau-coup d’épiceries 8 c d’aromates , il s’en faifoit néanmoins un grand débit à Casaâ à Tana.
Ces relations de la Cherfonèfe Taurique à l’Orient & à l’Occident firent dé-sirer entre les Palus-Méotides & le Pont-Euxin ou la mer Noire une communi-cation, qui en épargnant le tour de la Cherfonèfe,qui a 120 milles de longueur,facilitât la navigation & le transport des marchandises. Cette communication futen effet établie, selon le témoignage de Pline , L. IV. C. 12. p. 217. du PèreHardouin. Sinus Carcinites appellatur;jlumen Pacyris;Oppida Naubarum^ Cal-cine ; a tergo lacus Buges fojja emijsus in mare. Ce paíîage indique assez le lieuoù le canal fut creusé ; cependant comme l’on a publié des observations géogra-phiques concernant ce pays, & quelles ne paraissent pas s’accorder avec le té-moignage de Pline, M. le Blond a cru devoir entrer à cet égard dans quelqueexamen,
817. M. Peyfïonel, Consul de France auprès du Khan , dans fes observationsgéographiques & historiques,p. 100,observe que Ptolémée a placé après Par-thenium en allant d’Orient en Occident le long de la côte Occidentale du Palus-Méotide, les villes d ’Heracleum & de Zenonis Chersonefus. Mais, dit-il, ce Géo-graphe, le seul qui fasse mention de ces deux villes, pourroit bien s’être trompéau íùjet de cette Cherfonèfe de Zénon. Je crois que ce né toit point une ville,mais réellement une Cherfonèfe, & je ne doute pas que ce ne fut cette languede terre extrêmement longue & étroite qui s’avance du Sud au Nord entre lamer de Zabache & la mer Pourrife jufqu’au niveau de l’isthme de Perecop : lesTartAres rappellent aujourd’hui Zeniské, ce qui est visiblement une abréviation
du