584 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XXIV.
titude de travailleurs ; on avóit déja creusé une lieue de canal lorsque les pluiessuspendirent le travail ; &bíen-tôtlmvasion des Sarrazins & la réunion des Saxonsavec les Norfnans obligèrent l’Empereur à porter ses troupes dans d’autres Pro-vinces. On voit encore des vestiges de ce canal auprès de Dettenheim dans leComté de Pappenbeim, trois mille toises au Nord de cette ville, deux milles Stdemi au Sud-Ouest de Weistèmbourg,ville Impériale,près dè laquelle commencele Rednitz,& vers le village de Graben (qui signifie fojja) à 49° de latitude & 29°de longitude ; on y trouve des excavations de 300 pieds de large, St 100 piedsde profondeur. Ces restes du canal de Charlemagne íont représentés fur uneCarte faite exprès, inférée dans la Dissertation de Zippelius St dans Eckhard, derébus Franc. Orientalis , T. I. p. 750. Ils font marqués aufíì fous le nom de fojja.Carolina dans la Carte de Pappenbeim par les Homànn,vers l’Altmuhl entre lesvillages de Graben St Dettenbeim , St l'Auteur a ajouté une petite explicationen allemand au bas de la Carte» Elle est intitulée : Nova comitatus Pappenheimenfistabula , cum finitirnis diverforum imperii flatuum locis & traciibus , nec non dynafitin Be:llenberg in Suevia f ta. Curis SC impenjis Hoïïiannianèrum heredum. JosephScaliger parle de ce canal dans ses Opuscules , p. 545 , « Je m’étonne, dit-il,» que nul Empereur de Germanie n’ait voulu de nouveau reprendre les erres» de Charlemagne, y ayant si peu d Intervalle entre les deux rivières ». On a vuçi-dessus d’autres projets pour la même jonction (719).
8y©. L’Angleterre, ce Royaume devenu par la fuite si célèbre, n’estguèresconnu dans l’Histoire avant l’époque de la conquête des Romains : on pouvoirregarder alors comme un buutvwx ponr des peuples barbares d avoir été sub-jugués par des maîtres raisonnables qui íàvôiefìt tempérer les rigueurs de lestclavage St réparer par leurs bienfaits les désastres causés par leurs armes : tousles pays qui surent fous leur domination St en particulier l’Angleterre , con-servent des marques de leur grandeur St de leur activité. Le peuple des cam-pagnes en considérant les restes de cette magnificence, les nomme des ouvragesde géans. (Cambden, p. 44.) C’étoit des murailles énormes dont la solidité ré-pondoit à leur hauteur St à leur étendue , des marais desséchés, des forts élevés,des voies publiques construites à grands frais, Stc. Le règne seul de Trajan nousostré un exemple de ces grandes entreprises des Romains dans la grande Bre-tagne : Vias Trajanus refecit , dit Galien ; quœ quidem earum humidee ac lutofeerant partes lapidibus fiernens , aut editis egefiionibus exaltans ; quœ feniicofce SCafperœ erant eas expurgans , acfhminaquœ tranfin non poterant pontïbus jungens ;ubi longior quam opus via v 'tdebatur aliam breviorem excindens : ficubi verò prop-ter arduum collem dijfcilis erat,per mitiora loca defeclens : jam fi obfejfa fieris , veldéserta , ab illa transférons ac per habitata ducens , tìim afpera complanans. Galen.L. IX. Cap. 8. Method.
II n y a pas d’Auteurs anciens qui fassent mention de canaux artificiels dans cép a ys , mais M. Gauthier en indique un assez considérable. ( Construction deschemins, p. 109.) On trouve, dit-il, dans l’Angleterre ún canal fait par lesRomains , lequel étoit autrefois navigable , St qui s’étendoit depuis la rivièrede Nyne , un peu au-dessous de Peterboroug y 5 mille toises au Nord de
Londres