Physiques,Mathématiques et Botaniques. 8zqu’on devoit faire. On conclut qu’il falloit envoyer dans 170 S.les deux endroits des espions pour s’assurer davantage Mars.de la vérité j & pendant qu’on attendroit leur retour,on armeroit Sc la Chaloupe du Gouverneur & les nô-tres, pour les faire partir à leur arrivée (qui nepouvoitêcre que fur les cinq heures du soir), pour être à mi-nuit à l'endroit où moiiilloit une de ces barques ; quel’Equipage fatigué du travail reposant à cette heure-là,on le surprendroit, & on remettroit la barque avec plusde facilité , Sc fans danger de perdre dans un combatquelqu’un des nôtres. L’Espion ne manqua pas 1 heure,il confirma ce qu’avoit dit la Vigie , qu’il avoit vû labarque mouillée, 6c il ajouta que l’on y travailloit à songrand mât , que selon les apparences la tempête luyavoit cassé. Cette seconde nouvelle conforme à la pre-mière , détermina le Gouverneur Sc nos Capitaines defaire partir leurs Chaloupes -, elles sortirent donc duPorc sur le s cinq heures du soir.
xxiv. Mars.
A une heure du matin nous entendîmes près de nosNavires un grand bruit, chacun courut fur le pont ; nousétions déja prévenus que c’étoient nos Corsaires, quin’étant jamais plus contents que lors qu’ils trouvent àprendre , retournoxent glorieux de leur expédition , ame-nant avec eux la Barque. Lc Capitaine en second del’Heureux Retour, qui commandent une Chaloupe, vintà bord à son arrivée, il nous fit le détail de l’attaque Sc dela prise de la barque ; il nous dit qu’étant à la vue, c’est-à-dire aslez près de la barque ( car dans la nuit on n’yvoit pas de fort loin ) , & leur Equipage gardant ungrand silence, ils n entendirent aucun bruit ; mais qu’unmoment après ceux de la barque s’étant éveillez , pri-rent les armes, Sc commencerent à tirer quelques coupsde fusil i que le Capitaine étant à un canon , prêt à ymettre le feu , reçut dans l’estomac un coup de fusil tiréde nos Chaloupes, qui le jetta mort fur le pont; qu’au-cun des nôtres qui furent les premiers à aborder la bar-