i*7o 8.
Mars.
86 Jour n a l des Obse r vat ionsEquipages étoient dans Tirnpatience d’en venir auxmains; mais nos Capitaines cous prudens, voyant quece Navire ne risquoic rien, 8c qu’un Corsaire qui n’estchargé que de poudre 6c de baies, a toujours aflez demoyens pour se dégager, se contentèrent d'examiner samanœuvre. II fut long-temps à nous reconnoître; 6cayant vu qu’apparcmment il n’y auroit avec nous quedes-coups à essuyer, il laissa tomber ses voiles , mit levent dedans, prit une autre route, 8c nous poursuivîmesla nôtre. Sur les quatre heures du soir le vent changea , ilse tira au Sud-0uest,8c nous commençâmes à louvoyer.
J'observai malgré la grosse mer l’Amplitude occiden-tale du Soleil . ayant paru beau à son coucher. CetteAmplitude donna la Déclinaison de l’Aiman de 9 d 47' o''vers le Nord-Ouest.
Dans le temps de cette observation nous étions à en-viron quatre lieues au Sud de l iste de Majorque.
xxix. Mars.
Nous doublâmes les Istes Cabrera ou Capraria desanciens , Vvisse 6c Formentera. Ces Isles forment au-jourd’huy , jointes à Majorque 6c Minorque ,un Royau-me qui appartient au Roy d’Efpagne. Jacques I. Royd'Arago n, à la sollicitation des Catalans , les conquitfur les Sarasins l’an 1230. dans un second voyage qu’ilfit à Majorque , qu’il avoit déja réduite sous son obéis-sance dès l’année 1228. Majorque a donné dans les sié-cles passez deux grands hommes; elle vit naître dans letreizième Raymond Lulle, un des plus fçavans de sontemps. Les belles connoissances qu’il avoit de la Philo-sophie des Arabes, de la Chimie 6c de la Medecine, luyservirent pour composer les beaux ouvrages qu’il nousa laissez. On dit de luy qu’il se convertit âgé de qua-rante ans j qu’après fa conversion il embrassa la Régléde S. François , qu’il passa ensuite en Afrique , où ilprêcha l’Evangile aux Sarasins, 8c qu’il fut ensuite la-pidé dans la Mauritanie. Le second fut Vincentius Mutus,qui vivoit dans le seizième siecle , à qui l'Astronomie
est