17 o S.
Avril,
96 Journal des Observations
Pendant le séjour que nous fismes dans ce Port , nepouvant pas descendre à terre , le Capitaine ayant faitdéfense, comme j’ay déjadit, à tous les gens del’Equi-page , je dessinai du Navire la vnë de la Ville de Car-tilage ne , représentée dans la planche suivante.
La lettre A est une Jette'c à la porte de la Marine, oùles Navires déchargent leurs marchandises , &c où l'oncharge celles de la Ville.
B est une Montagne fur laquelle est situé le Châteauqui cache la moitié de la Ville.
C est le Couvent de S. Dominique.
D celuy de S. Augustin.
Un Religieux de l’Ordre de S. Dominique, Criolede Lima , qui s’étoit embarqué avec nous à Marseille ,retournant dans son pays, tirant de tant d’incidents fâ-cheux un mauvais augure , se débarqua le 12. appré-hendant le passage du Détroit de Gibraltar -, il alla s'em-barquer àCadiz fur des Navires Espagnols qui dévoientfaire voile pour Porto-Bello , où il n’arriva qu’un anaprès. Je me trouvai à Lima, lorsque son pere en reçutja nouvelle par un Navire venant de Panama. Ce bonReligieux eut le déplaisir de voir prendre son Navirepar les Anglois, èi d’être pillé à l’encrée du Port dePorto-Bello, à la portée du canon du Fort qui est àbas-bord en entrant,
x v. Avril.
Le soir précédent le Capitaine de l’Heureux Retournous envoya douze de ces meilleurs Matelots , pourremplacer un pareil nombre des nôtres qui avoient dé-sertez- Ce Capitaine nous quittoit avec regret} & n’é-tant pas le maître de son conseil , céda malgré luy à lapluralité des voix. H appareilla le matin, & nous levîmes fous voile fur les quatre heures. Quels déplaisirsne reçurent pas à cette vûë tous les gens de nôtre Equi-page? La mer pleine de Corsaires, i’armée des ennemisque nous croyions entrée dans la Mediterranée , étoientdes sujets qui nous représentoient l’impossibilicé d’écha-