ìi 6 Journal des Observations
bons fruits, 8c des gens fort honnêtes, qui reçoivent lesétrangers avec beaucoup d’humanité. Nous achetâmesun grar,d nombre de petits serins , que nous appelionsen France Canaris, pour porter au Perou $ mais aprèsavoir passé la Ligne, 8c à l’approche du Cap de Hornn ,ils moururent tous, 8c il n'en échappa qu’un seul quenôtre Aumônier avoit embarqué à Marseille. Je m’infor-mai de plusieurs personnes de riíle flottante , à laquellequeiques-uns ont donné le nom de rifle merveilleuse deS. Borondon. Ceux-cy la mettent à cent lieues de l’islede Fer, 8c ils rapportent que c’est une des plus bellesIsles du monde, habitée de Chrétiens , dont on n’a ja-mais sçu l’origine , que ce n’est que par le pur hazardqu'on l’a vûë, 8c que ceux qui la cherchent ne la trou-vent pas; elles me répondirent que c’étoit une Isle en-chantée , trouvée par quelques Romanciers, puisque dansleur pays elles n’en avoient jamais entendu parler.
i. Juin.
1708. Toute la journée fut employée à nous disposer pourJuin. mettre à la voile le lendemain : on déferla le petit Hu-nier , 8c on tira le coup de canon de partance , pouravertir tous ceux qui étoient à terre de se retirer à bord.Deux jeunes Officiers demanderent leur congé, le Capi-taine le leur accorda fans peine, 8c il auroit fait la mê-me grâce à plusieurs autres , s’ils la luy enflent deman-dée , pour purger son N avire de gens inutiles 8c inquiets,qui ne font jamais contents, 8c qui troublent le reposde touc un Équipage.
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11 . Juin.
Nous appareillâmes à dix heures du matin avec unvent frais de Nord-Elt -, nous fismes route au Sud poursortir du canal qui est entre la grande Canarie 8c Tene-rif. A une heure après midy la garde du grand mât dé-couvrit trois Navires qui croisaient à la sortie du canal.Cette nouvelle nous étonna, croyant alors être hors de
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