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Aoust.
240 Journal des Observations
xxu. Aoust.
Les vents d’Est nous amenerent de gros nuages, quinous couvrirent le Ciel , 6c nous donnerenc de si gran-des pluyes, que les campagnes en furent inondées > enforte qu’on ne pouvoit plus sortir des maisons qu’à che-val, les rues étant devenues autant de rivières. Les ton-nerres ne discontinuèrent pas de toute la nuit qui avoit
Î >récedé , ni de toute la journée. Ils fe fuivoient de si prèses uns des autres, qu’on entendit pendant plus de 24,.heures presque un bruit égal. Les éclairs semblables à desflambeaux ardents éclairèrent la nuit par une lumièresuccessive jusques aux plus profondes tenebres ; 6c il nousparoissoit au milieu de ces spectacles , que la machinedu monde s’alloit détruire. Pendant le plus fort de lapluye , 6c que les nuages me parurent être plus bas,j’observai la hauteur du Baromètre, je la trouvai de 27.pouces 7. lignes bassesse considérable , en égard à lahauteur à laquelle le Mercure étoit monté le 20. quimarquoit un temps extraordinaire. Le 23. les vents s’é-tant tirez le matin à l’Ouest , les tonnerres 5 c la pluyecesserent. Ayant recommencé fur les neuf heures du soir,un vent de Sud violent qui se leva tout d’un coup lematin du 24. chassa les nuages, 6c nous ramena le beautemps.
OBSERVATIONd'une Coìomne de lumière.
L E Ciel étant clair le matin, je descendis fur le bordde la riviere de la Plata, où j’allai pour observer decombien les eaux étoient augmentées. Pendant ce temps-là, le Soleil se levant sur l’horison des eaux de la riviere ,je vis fur cette partie du Ciel de petits nuages blanchâ-tres , fort fossiles, étendus en long , qui laissoient voirencre de petits intervalles qu'il y avoit entre eux , le