Physiques,Mathématiques et Botaniques! 2f$u. Septembre.
Nous eûmes de grands tonnerres , accompagnez depluyes extraordinaires, qui ne cesserent que le lende-main 3. qu’on commença de préparer le Navire, ran-geant les provisions qu’on faisoit actuellement à Buenos-Aires, pour le mettre en aílìette ; 6c n’ayant plus d’en-nemis à craindre, on mit le canon à fond de cale pourdébarrasser le pont. On avoit dessein de descendre lariviere j mais ayant encore à la Ville des provisionsqu’on y avoit achetées, il fallut attendre necessairementun temps favorable pour les aller chercher. Pendant ceretardement, nos matelots passant leur temps à la pêche,prirent plusieurs poissons fort curieux , j’en destinai unepartie.
Ce même jour on prit une poule d’eau , des plus bellesque j'eusse vues jusques alors. Sa beauté me donnaoccasion de la décrire, de la destiner, 6c de la représen-ter dans mon Histoire des animaux au naturel.
1708.
Septembre
DESCRIPTION
d’une Poule d'eau.
C Ette Poule d’eau avoit le bec jaune, teint vers faracine de couleur d’aurore , 6c ouvert par deux nari-nes assez fendues. Le dessus de fatêteétoit couvert dunecalotte charnue de couleur d’écarlatte fort vive. Elle* avoit fur la racine du bec un petit tubercule élevé, 6c furle derriere de la tête deux grandes charnures. Ses yeuxcroient grands, d’un beau rouge, situez au milieu d’unegrande joue nue 6c bleuâtre, ornez d’une belle prunelled’un noir luisant. On voyoic fous son bec une petitecrête charnue 6c pendante, semblable à deux petits mam-melons, dont la couleur ne disseroit pas de celle de lacalotte quelle avoit fur la tête.
Ses jambesétoient courtes, 6c ses pieds cartilagineux,
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