Physiques,Mathématiques et Botaniques. 491
R E M A R Q^U E SSur un Abcès.
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Decetnbre.
U Ne Dame enceinte ayant un Abcez qui paroissoitextérieurement sur le côté droit d u ventre, fit ap-peler un Médecin François pour le consulter sur cettetumeur. Le Médecin luy conseilla de la taire ouvrir , &s’offrit de faire luy-même cette opération. Elle paroissoitdifficile, & on n'en avoit pas encore vu dans Lima de sihardie. Comme cette Dame se scntoit beaucoup incom-modée, & que son mal augmentoit tous les jours , ellerésolut de se mettre entre les mains du Médecin , espérantguérir après que les matières que le Médecin luy avoitdit être enfermées dans cet Abcès, en seroient sorties.Le Médecin, après avoir fait une incision, sonda le côtéde cette Dame, St sentit que sa sonde touchoit non pasune matière liquide, mais un corps solide; ce qui le dé-termina à faire une plus grande ouverture, pour décou-vrirla cause de cette tumeur ; mais craignant que la Damenes’opposât à cette seconde opération, il la prévint;lamalade l’ayant trouvé bon , il continua son opération;& la premiere chose qu'il tira de cette ouverture fut lecrâne d’un petit enfant. La Dame tomba aussi-tôt en dé-faillance ; ce qui obligea le Médecin à mettre sur la playeun appareil , pour donner du repos à la malade. II re-tourna chez elle le lendemain, il la trouva agitée de dou-leurs fort aiguës ; il leva l’appareiî; & continuant durantplusieurs jours son opération, U sortit de cette ouvertureplusieurs ossemens ; cependant il ne laissa refermer laplaye que lors qu’il crut que tous les ossemens du corpsd’un petit enfant en étoient sortis. Le Médecin connois-íant alors parfaitement la maladie, demanda à cette Damedepuis quel temps elle étoit enceinte; elie luy réponditqu’il y avoit deux ans , & qu elle n’avoit ressenti de dou-leurs qu u n an après fa grossesse. Cette cure demandoitde 1 habileté dans le Médecin qui trait toit cette Dame ,