56î Journal des Observations
171c. ______
Avril.
DESCRIPTION
d'une espece de Chevccbe , Lapin , ou Ulula Ctinictdaria.
J E trouvai dans ces campagnes desertes un oiseau assezsingulier. L’ayant pris d abord pour une choiiette , jcn’en sis pas de cas ; mais apprenant par les naturels dupays, qui le rendoient de temps en temps au moíiillage,que ces oiseaux étoient d’une autre espece, je tâchai d’cnsurprendre quelqu’un pour le dessiner dans mon Histoiredes animaux. J’allai ce jour-là dans un endroit où lesjours précédents j’avois vu un de ces oiseaux à l'entréed’un trou que j'avois pris jusques alors pour le terrier dequelque iapin.Je trouvai fort à propos ce que je cherchoisjje vis l'oiíeau dans ce même lieu, je le tuai d’un coup defusilj 6c emportai ma proye à ma tente jj’examina i aupara-vant le terrier où j’avois rencontré cette espece d-e Chevê-che, je le trouvai si profond, qu’il me fut impossible d’at-teindre jusques au bout en fouissant avec les inftrumensque j’avois apportez exprès pour voir de quelle maniéréces animaux composent leurgiste. On n’auroit jamais pumç persuader que des oiseaux creusassent des terriers siprofonds , si je ne l’avois vu de mes propres yeux , 8cc’cst ce qui m’a fait nommer cet oiseau , Ulula Cunicu-laria, à cause de la ressemblance de son terrier avec ceuxde nos lapins.
Ces oiseaux font de la grosseur de nos chouettes, leurbec est fait comme celuy de nos épreviers, il est dur,court, crochu en son extrémité, 6c d’un gris pâle ; fapartie lùperieure est rehaussée de deux narines tort éle-vées. La tête, le parement 8c tout le manteau de Y UlulaCunicularia est d’un gris fauve , surmonté de taches blan-ches qui font un mélange fort agréable; le dessous duventre est d’un blanc sale , 6c sa queue qui est de la mê-me couleur ne passe pas les ailes. Ses cuisses font cou-vertes de plumes tres fines , 6c ses jambes ont de petitspoils plantez fur de petits tubercules ; leurs ferres gai>