J 7 I O.Decembre.
58 Journal des Observations
dessous des ailes, font verd-brunes & bordées d’un jauned’ocie foncé ; les pennes font entierement noires & bor-dées de blanc ; les indiennes plumes font aussi noires &: bor-dées de même que les pennes. La queue est fort courte , ôcles plumes qui la composent font verd-noirâtre ; les piedsfont jaunes de même que les jambes , &: les ferres ion r ter-minées par un ongle fort noir ; le bec est de même couleur ,mais mêlé dans fa partie infériorité de tant soit peu de jaune;les yeux font couleur d'or , ornez d’unc prunelle fort rondeblcu-obfcur extrêmement polie & luisante.
La demeure de cette cfpece de Héron est ordinairementle long des rivières.
viii. Deccmbre .
Je trouvai le matin à la porte de la maison une Cavale noiredont je me fervois ordinairement , affreusement défiguréecomme on laisse paître les Chevaux jour & nuit à la campagne,un Lion , animal que je ne pus rencontrer, quoique fallaíìefort souvent dans le bois à ce dessein, lui avoit mangé du-rant la nuit tout le devant de la tête , en forte qu on ne luivoioit plus ni ïeux ni oreilles , rien n’étoit plus affreux;l’os étoit entierement nud & les dents paroissoient à décou-vert : l’habitudc avoit conduit cette Cavale à la porte de lamaison où nous la trouvâmes la tête presque contre terre :il fembloit que dans cette posture elle venoit demander ju-stice contre son ennemi qui l’avoit mise cn fi pitoiable état.Nous ne pûmes supporter cet objet estroïable , &c volant l’im-pollibilité de pouvoir la guérir , nous ordonnâmes aux In-diens de la conduire dans le bois, de la tuer , ce qu’ilsexécutèrent fur le champ.
On ne s’est pas encore apperçu qu'il y eût dans l’Ame-jique méridionale des Lions semblables à ceux d’Aff'riquc tl’animal qui dévora notre Cavale, & auquel on donne lenom de Lion dans le Chily, est d’une autre efpece, fans dou-te qu’on ne l’a nommé ainsi qu’à cause de son extrême fe«rocité.
x. Decembre .
Ce jour-là j’allai herboriser sur les montagnes prochaines^.