i -si Îournai des Observations
^ -_Vaisseau . pour s’en servir à nous cgorger s 3’allai fur le champ
1703. trouver notre Capitaine dans sa chambre , & en a'iant fermé lajAyiìL porte après moi, )e l’informai de ce que je venois d’enten-dre : un Matelot m’avoit déja prévenu , & savoir averti dèsle matin ,, des consciences que nos Forçats avoient avec lesprisonniers-, après avoir délibéré fur la conduite qu’on avoirà garder , pour qu’ils ne s’apperçussent pas que nous étions in-formés de leundestein, le Capitaine envoia chercher leMaître-d’armes , & lui a'ianc communiqué f assa ire , lui ordonna qu’a-près le dîné, durant que tout le mon.de repoferoit, il passapar les fenêtres de la chambre , les armes qui y étoient enfer-mées , tandis qu u n autre les rcccvroit de fa gallerie , ce quifut fccrettement exécuté : la mut suivante fut fort claire, laLune étoit près de son opposition avec le Soleil, elle íembloitvouloir favoriser le dessein de nos assassins, ou plutôt les fairetomber dans le piège qu’ils nous avoient préparé.
A onze heures du soir , tous nos gens étans dans le silence,déja avertis .de cc qui devoir arriver , une troupe de ces scélé-rats, qui ne se doutoient de rien, &. ne croioient pas qu’onfût prévenu de leur fourberie, vinrent cn chantant, le pré-senté r , pour entrer dans laxhambre, le Matelot qui étoit augouvernail, leur demanda fort brusquement, où ils alloientà-une heure íi indue , ils lui répondirent insolemment, &entreront malgré lui dans la chambre, où ils ne trouvèrent quemoi-seul couché fur un matelatce Matelot chargé des ordresdu Capitaine, fit un grand bruit, l’équipage qui étoit au guet,fut à l’instant fous les armes ,011 se saisit de ces malheureux,qui 11’aïant pas trouvé dans la chambre , ce qu’ils se fiattoiencd’y trouver , ne purent faire aucune résistance , on les mittous aux fers, jusques à notre arrivée à la Martinique, oè,ils furent mis dans les prisons.
Premier Avril !.
O11 envoïa le Canot à laFlutte, pour en retirer quelques-uns de nos Matelots, qui y étoient inutiles, & y porter troisAngiois les fers aux pieds , asm de diminuer leur nombrefur le Vaisseau, & fortifier notre équipage. Nous appréhen-dions quelque sédition, si nous venions à rencontrer quel-que Vaisteau ennemi, & qu’on fut obligé de donner quelquecombat -, nous vîmes ce jour-là quantité de Poissons volans,